samedi 25 décembre 2010

Epitaphe

Vous êtes conviés à vous joindre à la meute du désespoir,et à la foule de la solitude.N'ayez pas peur de donner une absurdité à votre vie,gardez en tête qu'aucune existence n'a pas de sens,aussi tumultueuse soit elle.

Nous naissons pour mourir,et nous pensons pour oublier que nous allons immoler nos propres enfants en leur donnant vie.Ce n'est qu'un cycle.Un printemps qui s'éteint pour qu'un automne survienne.Et nous avons beau nous vanter de naitre sur une branche des plus fertiles,nous serons tous feuilles mortes au sol.

Au final,il n'y aura que le dentier,et les visites de l'infirmière pour les plus chanceux d'entre nous.
Quelques bribes de souvenirs,des traces de lames de rasoir,la vie qui agonise,l'apathie du corps,et l'oubli des gestes et des faits.C'est tout ce qui restera,tari au fond du noir,cette léthargie qui nous mènera vers dieu.

Adresse: Fast food des principes,rue de la liberté,ville des rêveries.

Dis,tu crois que c'est possible de crever dignement?

Petit,laisse moi te résumer la situation.
Tu as quel age?21 ans?Oui?On est en 2010?Oui?
La mauvaise nouvelle,c'est que te connaissant tu es dans la merde jusqu'au coup.
La bonne nouvelle est qu'au 21 ème siècle,tout le monde est en retard, même les tricheurs qui avancent leurs montres d'une heure.

Tu peux donc:
-Bailler devant un article Wikipédia (bien fait pour leurs gueules de toutes façons).
-Ne pas avoir d'amis,Internet a le sens de l'humour puisque les êtres humains sont maintenant répertories sur un site qui porte le qualificatif bouquin et qui est Facebook (nul besoin de préciser tu as deviné rien qu'en voyant le mot Internet),ce site,remarquable merveille du net,te permettra d'avoir toutes les émotions relatives aux relations humaines,en étant derrière un écran,et ce même en étant seul à plus de 100 mètres à la ronde.
-Avoir des excuses valables pour ne pas réussir tes études,il suffit d'avoir le sens de la parlote et de calomnier (la vulgarité et le machiavélisme étant des codes civiques au 21 ème siècle) Facebook,Twitter,Msn,ta maman,le voisin,l'épicier,le tabac,le sida,le retard dans les transports communs( et ce pour convaincre encore plus),et même les systèmes totalitaires si tu veux.
-Ne jamais ouvrir un dictionnaire,pour ton cas,c'est difficile,le mal a été déjà fait,tu peux donc,oublier les balivernes des académies de langue et te créer ton propre langage,oui,ceci est possible de nos jours (je t'évite la dépression que je soigne à cause de ce détail),tu peux aussi te faire aider par la télévision,la rue,et même la radio si tu as des écouteurs et que tu veux parfaire la destruction totale d'une langue.
-Voler,oui voler!Non,pas comme les oiseaux,petit branleur va!Non,voler,origine perverse d'une pathologie appelée cleptomanie.Voler,non pas voler,bon tu m'excuseras cet excès de langue.Reformulons,il s'agit concrètement de plagiat,de copier,ou d'avoir un accès gratuit à des choses pour lesquelles des gens payent.Et donc l'Art te sera vraiment accessible,musique,film,documents (PDF et autres).
-Tu peux créer toutes sortes d'interfaces,réelles ou virtuelles,et passer ta vie à y vendre tes idées.Avec un peu de chance (ou malchance au choix),tes projets se retrouveront regroupées dans un rayon "idées" dans un grand centre commercial.
Je m’arrêterai là,je ne voudrais pas atermoyer plus mes idéaux,déjà qu'on m'en voudra pour le verbe atermoyer.Sans guillemets,pour me racheter.Tu trouves mon discours barbant?Tu m'en vois navrée.
Laisse moi finir mon speech sur une note plus joyeuse:

"Depuis des âges et des âges que l'on meurt, le vivant a dû attraper le pli de mourir; sans quoi on ne s'expliquerait pas pourquoi un insecte ou un rongeur, et l'homme même, parviennent, après quelques simagrées, à crever si dignement."Emil Michel Cioran

mercredi 22 décembre 2010

Artisans de la vie.

Mon ami m'amène,de ruelles en ruelles,à une place en face d'un sombre palace,notre 7 vainqueur me nargue,je fais la bise à mon compagnon,petites marches gravies,me voilà hors de la foule du Passage,au fond d'un bus repeché à son terminus.

Mozaique.Ou autre astre mozaiputain.


Je vous parle d'un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître...

A celle là,je ne m'attendais pas.
Aznavour,navette Tunis-Manar,on se croirait presque à Montmartre.

L'ironie,les séniles remplissaient l'auto-bus,et la file silencieusement assise,se mua devant mes yeux ébahis.
L'air non-chalant de la ballade,me rendait malade,devant ces artistes que la vie a repenti.
Fini,les yeux étaient tous finis,bien finis,maldroitement finis chez d'autres,la finition de la vie était là,et l'infini paraissait loin,loin,loin.
Mon hystérie me valait quelques railleries brillament tues,et moi je légitimisais mes pensées,enroulée dans le contraste de ces artisans castrés,et leur ritournelle juvénile.

Et si l'humble garni
Qui nous servait de nid
Ne payait pas de mine
C'est là qu'on s'est connu
Moi qui criait famine
Et toi qui posais nue...

Les sons et les mots se mentent face aux maux des occupants du bus,les mains se serraient,les visages se crispaient et Aznavour offensaient,le sale vautour,leur histoires d'amour aux couleurs orientales,aux rythmes tues,tuées par la vie,par le temps,et par notre siècle.


La bohème, la bohème
Ça voulait dire on est heureux
La bohème, la bohème
Nous ne mangions qu'un jour sur deux...

Les bohémiens travestis,tenant toujours le coup,avaient les teintes violacées,de morts violentés,par le tort,d'oublier le bonheur,au point de prêcher le malheur,de cacher la ferveur des vingt ans,vaine semblait la vie soudain,dans mon bus,trop vite rempli à son terminus.


Souvent il m'arrivait
Devant mon chevalet
De passer des nuits blanches
Retouchant le dessin
De la ligne d'un sein
Du galbe d'une hanche
Et ce n'est qu'au matin
Qu'on s'asseyait enfin
Devant un café-crème
Epuisés mais ravis
Fallait-il que l'on s'aime
Et qu'on aime la vie...





16h30,où est le café crème,où est le chevalet,où est le trèfle,où est le valet,où est la chance,où est la délivrence?
Calomnie,nos rêves étaient en suspens,sous un pont,à el Menzeh,et Aznavour ralait,personne ne suivait,plus de remords,mais de tristes sort à tort,vainqueuse,la ballade se transformait en requiem.Le papi de la variété de nos coloniseurs,rendait l'ame,dans son nouveau décor,Tunis semble triste
et les lilas sont morts.

La bohème, la bohème
On était jeunes, on était fous
La bohème, la bohème
Ça ne veut plus rien dire du tout...

dimanche 19 décembre 2010

La classe comme vous ne l'avez jamais vécu.

La table ronde n'est plus féconde,rien ne va,rien ne tourne plus rond,tout est en suspens,quelques gars,une fille,un tracas,des oublis,et de vieilles ritournelles pourries.
Au café "La classe",rien n'a de classe, même pas les tasses,et les gens viennent reviennent se perdent trente trois fois par journée,on se pendrait presque entre les chaises,les cigarettes,la caféine qui piétine,piétine au risque d'un abus de mescaline,on se dit "in" ici,jusqu'à ce qu'on devienne "out" de la société,des rêves qu'on a oublié en y mettant les pieds,des chaises renversées en riant à pleines dents,en remuant nos boissons,quelques sons nous parviennent,on se croit à Vienne,mais avec un surplus de haine,plus un tas de merde qui nous bouchent les oreilles,un gazon qui refroidit nos orteils,et comme tous les cafés,en Tunisie,on rêve d'Italie,de France,en oblitérant le rond du chiffre,le bond de la censure,le pur de la dureté d'une triste réalité.
On se bouche ici,on se mouche ici,et quand tu nous est repris,nous saoulons nos larmes,ivres,comme des bateaux à la dérive,dont le seul port est un café qu'on appelle "La classe" et qui nous entasse sans classe,nous sonde,pauvres rustres que nous sommes devenus.
Génération dépravée,aux bouches caféinées,aux amours perpétués entre nous,on parle de nous comme une secte,qui perpétue le dépravé,on nous calomnie,alors que nous sommes juste des amis,égarés,qui se sont retrouvés dans un asile,où tout est permis,où nos infirmiers(serveurs et autres) nous calment à coup de citronnades,et ballades "mozaiputaines".

jeudi 16 décembre 2010

"Mouch houni,izahrouni 9otlik"

-"Win méchia?"


Il y a trente six milles manière de faire pour un "taxiste" au démarrage de son taxi,celui ci,m'a paru aigri,limite anéanti,et je feins le teint d'une blonde qui fait ses comptes,pièces monnaie,j'aurais tout fait pour qu'il se calme,qu'il se rappelle que toutes professions ont le charme des persécutions,et de plus ce jour là,c'était moi le gérant.


-"Aya !imine walla issar?" 



Il roulait trop vite,je voulais lui signaler un radar,j'en oubliais meme ou se trouvait la petite ruelle,où je devais,me trouver,ce qui l'agaçait,ça ne l'a même pas fait rire,le martyr du choix "gauche -droite" ,et je mimais,réfléchissais,au gauche de ma ruelle et au droit de ne plus la reconnaître.


Et lui,il jurait,du coin de sa bouche,et il en mettait des couches de blasphèmes et de thèmes,souvent jaune.





Un taxi passa,il prit cet air hautain,et toujours aussi fin me cracha des horreurs sur le syndicat des "taxistes",je ne sais même pas si ça existe,mais un taxiste (argot tunisien) a aussi le -iste d'un extrémiste.


Au fond,tous des humanistes,connaissant tous les titres,de radio cassette ou mosai-sept,et étant de parfaits pitres à qui on a,de plus,donné un volant.



Le temps d'avoir ces réflexions,mon taxiste était en plein débat avec ses klaxon,et ça en faisait du bruit,un soupir,et je lui lance de dépit un "houni,yézzi".
  


3 dinars la course,de plus il fallait que ma bourse en souffre,pour parler politique en étant apolitique,pour renverser des vieilles en maudissant ses payes,pour réprimer le froid de Tunis alors que François et autres se gèlent les burnes,pour un compteur trafiqué que je devais quand même payer,pour du cent à l'heure et des frayeurs,et pour surtout quelques kilomètres que j'aurais mieux fait à pieds.

mercredi 15 décembre 2010

Annonce de vente achat et autres.

"Soudoies moi",disait elle.
Je l'ai connu frêle,se tenant sur le perron,le maudit perron de ma maison.
Ma mie était toute ma vie!
Mie,oui,bon,ce n'était qu'une amie,mais vu mon cas,j'avais la foi d'un petit ami.
Tu sais,p'tit,elle était très Andalouse,cette fille,ses airs de jalouse m'amusait et j'aimais quand devant ses yeux fuyants,je devenais tout con.
J'ai tenu bon,tu sais,toutes les fois où elle m'a dit non,pour un oui,pour un ébat après une cata,pour une loi que moi je voulais,pour un choix à deux,elle n'en voulait pas,elle,de deux,elle voulait cent,mille,CASH!
Et souvent,elle filait à cent à l'heure,oubliant l'heure de mes hypothèques. Ça me clouait le bec,quand même,cette façon de me rendre blême en se tenant sur le perron,me demandant de payer à chaque fois,qu'elle montait mes marches,et moi je payais,je payais,et plus,si elle en enjambait des marches.
Tu sais p'tit,j'en aurais construit des arches pour elle,on aurait vogué vogué,jusqu'en Italie,t'imagines Venise,avec elle.
Bêtise! Je ne sais pas ce qui s'est passé après,je devais être fauché.
Liquidé toute ma cargaison de liqueur,ma maison aussi,et de coeurs en coeurs,je demandais aumône aux amours des vieux automnes.Rien!Plus rien!A donner,à mendier,à soudoyer.
Et un jour,elle était partie,comme ça,emportant ma foi,et même mon repenti.
Sur la table de nuit,une lettre,deux trois syllabes,pour dire qu'elle en a eu marre,
Voilà,p'tit,depuis j'écris des poèmes,en souvenir de tous les "je t'aime",je bois comme un trou et je deviens un peu fou.Les autres ont fini par me trouver mou,et même toi avec tes "vous'" et tes "monsieur",voulant bien de mes liqueurs,tu finiras par me trouer le coeur,d'un seul "j'en ai marre".

mardi 14 décembre 2010

1,2,3 et même 19715780,les lettres c'est des chiffres.

Présentez vous à l'auditoire,disait la bouche.

"Le bouche à oreille m'appelle le roi du tréma.
Tout trauma considéré,le sidéré d'une phrase m'emphase.
Jusqu'à l'impalpable extase,jusqu'à jouir des trois points suspendus,jusqu'à ne sentir qu'avec majuscule et virgule,jusqu'à formuler le vocabulaire exemplaire d'un troubadour.
Jouant le sourd,quand on vient des fois atermoyer ses tours.Ou lettres.
Et puis,après tout,ce n'est qu'une façon d'être,ces spectres,ces êtres,dissonants,que je mue en résonnants.
Dans l'antre des paragraphes,j'agrafe maintes échecs,je stipule le ridicule,qui tue tous les incrédules.
Quand le temps est là, d’être humble,c'est simple,je lâche feuille et stylo,au point d'éradiquer tous les mots de Larousse,et me pousse à limiter mes rimes devenant presque infirme.
Le paroxysme du silence devient ultime délivrance,et ce, même si la potence du vide,me troue le bide."

lundi 13 décembre 2010

Narcisse ou comment finir votre vie comme une fleur abrutie au dessus d'un lac d'érudits.

Larmoie toi,au dessous des lois,celle de Freud,t'inculpera de Narcissisme.

Bien avant lui,il y avait tata et mami et toutes ces impies glorieuses d'avoir bouffé des hosties.Elles avaient l'age et l'avantage d’être vieille et me sommaient me garantissant gloire et éveil.
Je devins donc précoce,précocité et  fausseté d'un petit Narcisse voulant briller.Blabla,c'était ainsi que les langages m'étaient acquis,mais les autres y voyaient du génie.Et je tarissais toutes mes nuits dans de vieux pavés d'érudits,combler le vide par l'insolence m'était interdit,tata mami et meme papi s'y était mis.

L'enfant prodige devint virulent à seize ans,refusa miroir et calmants,dorlota cafés et méfaits et se prostitua à aveugler sa triste société.

Les crimes ne demeurent jamais impunis,puisque le châtiment s'en est suivit,quand Dostoïevski s'en est pris à ma joyeuse descente en Barbarie.

Je n'ai jamais voulu être une fleur, même si la douceur de mes pétales rend les compagnies létales,mais les pied d'estale me faisaient oublier que je ne suis qu'un pied,et c'est doucereusement niais de croire que ça ne me fait pas chier.  

Sans titre

Mon hiver se meurt.
Nous demeurons, l'air d'un demeuré au démarrage d'un violent atterrissage.
Froid,verglas,nous ne sommes plus que trois. L'hivernal nous confond moi et autres de mes moi,nous romp des fois, le fond fondera l'été prochain et nous serons enfin entre trois,sans toi,cette fois.
Nous avons une tête,un juste-corps,un corps juste et les gens disent même avec bêtise que je suis schiso.
Qu'est ce que c'est schizo? Une pathologie d'émo?Une mauvaise gestion des mots?ou de simples présomptueux maux?
Un ami imaginaire,à quelques dix-sept années près,m'a valu le surnom d'attardée.
Puis,un jour,il est mort sans funérailles,sans chichis de représailles.
Il n'y avait pas de corps à enterrer, ce qui était fâcheux quand les autres ont voulu m'inhumer.
Et moi,je voulais juste que ça aille,au risque que ça caille. Aie! Je ne saurais vous dire le devenir de mon histoire, mais si pour pour vous la vie fera que ça foire, gardez vous de l'accoudoir des jours notoires dans les assommoirs(Zola et meme là-bas à l'univers sale).