"J'ai longtemps aspiré à vivre ce moment. J'ai, durant toutes ces années injustement vêtues de noirceur, fantasmé sur une éventualité que cela s'arrête. Que je ne sois plus chaos. Que je ne chante plus les meurtres et ne me languisse plus de mes déconvenues. J'ai souhaité arrêté de sentir comme on souhaiterait voir apparaître ce monstre qu'on scrute vainement sous son lit.
Je me suis voulue inerte, morte, froide, létale et glaciale.
Et finalement, il y eut ce vilain mage qui s'est résolu à réaliser mon voeux malsain.
La magie qui d'un enchantement tue tout enchantement.
J'ai été ravie d'en rire, en premier lieu.
De l'amour ravi.
Du temps perdu.
De la vie, de la mort, de l'après mort, du bon Dieu, des défunts.
Je ne ramassais plus les feuilles mortes, je les écrasais sous mes semelles.
Je ne pleurais plus, je vociférais des louanges à la joie.
Je ne disais plus vrai, je jouais du clairon aux leurres.
Puis, je me suis perdue entre ce que j'aurais détesté être et ce que je me suis acharnée à devenir.
Les souhaits inconscients insouciants d'une psyché ébranlée ont fait que je ris désormais de tout pour ne plus avoir à en pleurer, de ce tout.
Après, je me suis rendue compte que je suis habitée de mots geignant infiniment les maux. Le mensonge s'est dès lors marié au Frankenstein me voilà devenu.Et a fait que je sois aussi stérile qu'une pucelle de douze ans s'imaginant que la procréation et les cigognes c'est du pareil au même.
Les phrases se sont appauvries. Et la vie a vaincu.
J'en ai récolté une tendre moisson de réalisme qui rassure mes émois au gré des frêles matins d'apocalypses.
Et j'en ai bouffé des pas mûres. Et j'ai fini par gerber les mûres."
J'étais devant cette bibliothèque qui m'a vue grandir. J'avais fini de griffonner ces notes sur le fameux calepin rouge. Je me suis allumé une cigarette et j'ai regardé malicieusement toutes mes phrases hurler sous le feu de mon briquet. Inerte à contempler le vieux et laid bâtiment.Le regard ahuri, la fumée que le vent s'acharnait à consumer. Je te fais mes adieux tendre garce.
Je n'ai plus rien pour personne. Je n'ai plus rien que ma personne.
Et la clope écrasée du haut de mes 173 centimètres, de toute la vanité que portent désormais les pas de mes semelles.
dimanche 23 décembre 2012
Conversation 16
-C'est un livre sur les chats.
-Pourquoi les chats?
-C'est les seules créatures que je me vois envier. J'ai pensé aux licornes, mais on ne m'aurait jamais éditée.
-Faut avouer aussi que des chats sur une même étagère que Marc Levy, ce n'est pas ce que l'édition attend de toi.
-Je me demande ce qu'on attend de moi, justement.
-Arrêter. Godot ne viendra pas, il suffit de l'admettre.
-Pourquoi les chats?
-C'est les seules créatures que je me vois envier. J'ai pensé aux licornes, mais on ne m'aurait jamais éditée.
-Faut avouer aussi que des chats sur une même étagère que Marc Levy, ce n'est pas ce que l'édition attend de toi.
-Je me demande ce qu'on attend de moi, justement.
-Arrêter. Godot ne viendra pas, il suffit de l'admettre.
lundi 10 décembre 2012
Justificatif d'absentéisme
La bureaucratie m'emmerde. Surtout les lundis. Je m'étais pourtant empressée ce lundi là devant une file pénible pour mon justificatif. Deux heures d'attente ont suffi pour expliquer ma réticence.
Devant le représentant des services d'absences, je me tenais debout, vaillante, répétant mes prétextes sans laisser transparaître aucune peur. Ces salopards aimaient la peur, ils s'en nourrissaient apparemment.
-Oui, alors vous c'est quoi le motif?
-Fatiguée.
-Vous quittez la vie, je vous demande des explications et vous me sortez l'asthénie ?
-Je n'ai pas le droit d'être malade?
-Le bureau des services des injustices était à votre droite Madame.
-Non, je ne veux pas de remboursement. Je veux juste disparaître pour un moment.
-Ecoutez Madame, je sais que j'ai l'air bien constipé avec cette cravate et ce costard cher payé, je vous l'accorde,sauf que vous n'imaginez pas toute l'indulgence dont je peux me porter garant. Mais vous, vous êtes simplement excédante.
-Faites votre travail Monsieur.
-Donnez moi un motif tangible et je le ferai. Sinon, partez à reculons et allez dans le bureau à droite.
-Fatigue.
-Assez Madame, au suivant.
-Non, je ne partirai pas sans ce maudit justificatif. Ecoutez Monsieur, déjà que je n'ai pas demandé à me retrouver de là où je viens, déjà que je n'ai demandé ni vie, ni essence divine, ni foi, ni emmerdement. Maintenant que tout ceci fait partie de mes devoirs envers les cieux, garantissez-moi au moins la possibilité de reprendre mon dû dignement.
-Mais quel dû? Votre ticket pour le jour du jugement est imprimé à l'heure où je vous parle. Votre motif est blasphématoire. Quitter la vie pour un moment. Mais quelle folie! J'aurais tout vu! Depuis le temps où je demande à être promu, je pense sincèrement que vous êtes mon ultime chance.
Devant le représentant des services d'absences, je me tenais debout, vaillante, répétant mes prétextes sans laisser transparaître aucune peur. Ces salopards aimaient la peur, ils s'en nourrissaient apparemment.
-Oui, alors vous c'est quoi le motif?
-Fatiguée.
-Vous quittez la vie, je vous demande des explications et vous me sortez l'asthénie ?
-Je n'ai pas le droit d'être malade?
-Le bureau des services des injustices était à votre droite Madame.
-Non, je ne veux pas de remboursement. Je veux juste disparaître pour un moment.
-Ecoutez Madame, je sais que j'ai l'air bien constipé avec cette cravate et ce costard cher payé, je vous l'accorde,sauf que vous n'imaginez pas toute l'indulgence dont je peux me porter garant. Mais vous, vous êtes simplement excédante.
-Faites votre travail Monsieur.
-Donnez moi un motif tangible et je le ferai. Sinon, partez à reculons et allez dans le bureau à droite.
-Fatigue.
-Assez Madame, au suivant.
-Non, je ne partirai pas sans ce maudit justificatif. Ecoutez Monsieur, déjà que je n'ai pas demandé à me retrouver de là où je viens, déjà que je n'ai demandé ni vie, ni essence divine, ni foi, ni emmerdement. Maintenant que tout ceci fait partie de mes devoirs envers les cieux, garantissez-moi au moins la possibilité de reprendre mon dû dignement.
-Mais quel dû? Votre ticket pour le jour du jugement est imprimé à l'heure où je vous parle. Votre motif est blasphématoire. Quitter la vie pour un moment. Mais quelle folie! J'aurais tout vu! Depuis le temps où je demande à être promu, je pense sincèrement que vous êtes mon ultime chance.
Bonjour Tunis
Tunis somnole,Tunis s'accorde un dernier rêve avant l'éveil,un dernier bâillement,avant les klaxons,les alarmes des voitures arrogantes,les râles des matinaux,et les pleurs des bébés trop vite réveillés.
Moi je n'ai pas dormi.Ce matin,je suis l'insomniaque,qui cherche à oublier sa migraine,en imaginant le réveil des autres.Je me cherche des justificatifs à mon insolence envers Morphée,je me sens coupable d'euthanasier ma dernière cigarette,coupable de boire le premier café d'une journée qui s'annonce caféinée,coupable parce que mon corps me refuse le jeûne et ses transcendances,coupable d'écrire un texte sans me soucier d'être lue ou non,je débite ma plaidoirie en imaginant le réveil de ceux à qui personne ne pense à cette heure ci,les héritiers des déboires et de la déchéance de Tunis.
Ma tête,ma tête,ma tête.
6h53,mendie-t-on de bon matin?
6h54,Dieu me pardonnera il mon dérèglement hormonale?
6h56,pourquoi Feiruz est-elle toujours abattue?
6h58,
Moi je n'ai pas dormi.Ce matin,je suis l'insomniaque,qui cherche à oublier sa migraine,en imaginant le réveil des autres.Je me cherche des justificatifs à mon insolence envers Morphée,je me sens coupable d'euthanasier ma dernière cigarette,coupable de boire le premier café d'une journée qui s'annonce caféinée,coupable parce que mon corps me refuse le jeûne et ses transcendances,coupable d'écrire un texte sans me soucier d'être lue ou non,je débite ma plaidoirie en imaginant le réveil de ceux à qui personne ne pense à cette heure ci,les héritiers des déboires et de la déchéance de Tunis.
Ma tête,ma tête,ma tête.
6h53,mendie-t-on de bon matin?
6h54,Dieu me pardonnera il mon dérèglement hormonale?
6h56,pourquoi Feiruz est-elle toujours abattue?
6h58,
jeudi 6 décembre 2012
Vis de tes ratures, enfant.
Des histoires froissées en papier mâché, mâché par le dégoût, la faim de n'avoir plus rien à serrer dans sa bouche..Des histoires froissées, tempérés, intemporelles, voilées par un destin virulent, impartial dans sa danse, dans sa cadence, dans ses jeux pervers de vieux fou jovial...
Des histoires en papier mâché qui nous collent au palais, de la bouche, de ma bouche, sans retouche, et le tableau est aussi laid qu'un cri de Munch, que l'on crie, que le manque sidère, que la foi obtempère et nous fait virevolter dans une immense traîtrise chrétienne:"Dieu est amour.".Le peuple crie à la haine sous le feu de la fornication impie de certains, et nos histoires râlent nos déconvenues, et nos serments sous les flammes de la vérité pourrissent comme des vampires aveuglés par l'astre brûlant.
La lis-tes-ratures est un marché conclu avec la nature pour me faire oublier un passé radin au nom de l'esthétique des mots. Si écrire aurait été un art, je me ferais artisane pour oeuvrer comme un tendre menuisier, aux yeux épuisés, s'adonnant à la besogne au gré du machinal de ses réflexes.
Je ne verrais rien, je ne saurais rien, je serais rien avec ou sans toi. Avec ou sans savoir que toutes mes histoires ne sont plus que papier froissé.
Je ne verrais rien, je ne saurais rien, je serais rien avec ou sans toi. Avec ou sans savoir que toutes mes histoires ne sont plus que papier froissé.
dimanche 2 décembre 2012
Horoscope du dimanche 2 décembre 1812
Je ne sais pas pour quelle raison je me suis permise ces élucubrations ce dimanche. Le froid peut être? L'absence surement? Le fait est que je me suis vue déménager, prendre un avion juste après et tracer un avenir qui sait, autre part que sur mes collants neufs.
Mais qui suis-je pour me surmener de fardeaux beaucoup trop légers? Les rêves d'un dimanche matin dominical sont aussi lourds que la couette, aussi légers que la léthargie du lundi qui attend. Et au final qu'est ce qui attend? Hormis les méprisables représailles de l'ironie du destin, qu'est ce qui attend?
Rien. Rien ne part à temps. Tout s'envole avant. Avant, parce que jamais il n'eut de moment opportun pour regarder nos choses s'envoler.
Les quelques degrés pas fameux de ce jour moribond s'attaquent à ma jupe et parsèment les collants de tendres avertissements.
Le froid de ce matin semble dire que je ferais mieux de vivre, parce que mon départ à moi serait peut être un peu plus "avant-cé" que les autres.
Mais qui suis-je pour me surmener de fardeaux beaucoup trop légers? Les rêves d'un dimanche matin dominical sont aussi lourds que la couette, aussi légers que la léthargie du lundi qui attend. Et au final qu'est ce qui attend? Hormis les méprisables représailles de l'ironie du destin, qu'est ce qui attend?
Rien. Rien ne part à temps. Tout s'envole avant. Avant, parce que jamais il n'eut de moment opportun pour regarder nos choses s'envoler.
Les quelques degrés pas fameux de ce jour moribond s'attaquent à ma jupe et parsèment les collants de tendres avertissements.
Le froid de ce matin semble dire que je ferais mieux de vivre, parce que mon départ à moi serait peut être un peu plus "avant-cé" que les autres.
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