samedi 30 juillet 2011

Je ne suis pas un troubadour

Ecrire?Complaire?Sublimer?Ou simplement saigner.
Si je pouvais jouer au piano,je ne serai pas entrain d'écrire ces lignes,en justification.
Je serais enfermée,dans une chambre,une quelconque chambre,sans artifices..Dans un tel silence,que moi seul aurait le droit de déverger,en si en la et en des do mineurs dont je ne sais rien.Absolument rien.
Je saurais juste qu'un piano,ça vous répond.Qu'un piano tabassé,par des mains frénétiques et véhémentes,pleure en mineur.Voilà ce que je sais.Voilà,ce que je ferais,au lieu de combiner des lettres,alors que tous mes cris sont muets.

Certains noient la peine,le chagrin,dans la liqueur,d'autres font leurs deuils en s'accoutrant de noir,et puis il y a ces piètres machiavéliques qui utilisent la mélancolie à leurs fins.

Le piano,lui,est un catalyseur.Il n'a pas les manies humaines,il n'a pas nos/vos jugements.Il répond,se contente de répondre.Dans de rares cas,il transforme.Les etres humains appellent ça du génie.
A moi il répond,et même qu'il s'en fout,si je ne suis qu'une piètre joueuse machiavélique.

 

samedi 23 juillet 2011

Trou de balle ou six pieds sous terre au choix

Qui êtes vous?

Homme numéro 1:
-Je ne me sens pas dans une quelconque appartenance au genre humain,et je n'ai jamais su quoi répondre à cette question,je l'ai tantôt trouvé bête,tantôt mystique.Mais le fait que je ne lui cherche pas de réponse,alimente ma dissociation de ces crapules que sont les êtres humains.Plus on hait une personne,plus on cherche à être son contraire.Toute ressemblance avec celui qu'on abhorre est dégoûtante, abaissante, dégradante, une ignoble atteinte à l'égo...
Un jour,un mendiant à qui j'ai refusé l’aumône m'a dit :"mon vieux,prends pas tes grands airs,on chie tous par le même trou de balle..",j'en ai gardé rancune,plus que ça,je crois que c'est ce jour là,que ma haine est devenue irréversible...
Qui suis je ?
Je ne sais pas,mais surement pas un des leur.

Homme numéro 2:
-Hein? Qui suis je ? t'en as de bonnes mon vieux,t'sais moi,j'fais pas de la philo,j'radote pas,je suis pas un saltimbanque,ni un troubadour,j'suis qu'un petit paumé qui veut se faire de la thune,et peut etre que là j'réponds à ta question,mais pour être franco,vieux,je n'aime pas ces conneries,crois pas que ça cogite pas là dedans,c'est juste que j'veux me faire de la thune,et pis t'sais,tu me rappelles ce vieux à canne,que j'ai croisé un jour,en faisant la manche,putain,la tête qu'il avait tiré quand j'lui ai rappelé qu'on chiait tous par le même trou de balle,vous avez tendance à l'oublier,vous les êtres "bien-pensants"..


Un cimetière,deux tombes voisines,deux femmes prient pour le salut des morts.En silence,elles se lancent un regard...Elles s'étaient comprises...

jeudi 14 juillet 2011

Le huis clos de la mort et de la peur

Dans le noir somptueux d'un catacombe,deux silhouettes s'affrontent,immobiles,d'une impassibilité irréelle.
A les voir ainsi inertes mais debout,semblables à deux statues inégalement sculptées,je commençais à croire que ma vision avait fait un drôle de pacte avec mon imagination.
La plus petite forme se mouva,à mon plus grand bonheur,ou dam,et une voix enfantine et joviale s'éleva,brisant le silence mortuaire du catacombe.
La voix gamine semblait insoucieuse de profaner la paix des morts.Et il y avait là la certitude qu'elle ne pouvait être que celle d'un enfant.Seuls les êtres humains de bas age s'indifférent vraiment de défier les cieux.
-Ta main tremble grand-père.
-Comment le sais tu?Tu vois dans le noir maintenant?
-Oui.
Un rire amer,doucereux,celui d'un homme qui a longtemps étouffé ses élans joyeux,retentit timidement.Et l'homme à la différence de l'enfant,semblait se soucier des résonances.
-Et c'est comment?
-C'est pratique.
Un autre rire.Plus attendri,celui d'un grand père que son petit fils surprend.
-A l'école,la maitresse disait que le noir c'est l'absence de la lumière.
-Pas faux.Rire entraîné.Toujours aussi vite réprimé.
-Un jour,il y avait eu une coupure d'électricité,maman disait que ce n'était pas grave,qu'elle était dans la chambre juste à coté et que je ne risquais rien.Quand elle avait fermé la porte derrière elle,le monstre se tenait dans un coin de ma chambre,près du train que papa m'avait offert pour mon anniversaire.C'est ce soir là,que j'ai compris,que je pouvais voir dans le noir.
L'homme s'assit,il ne riait plus.
-Le monstre comment est il?
-Oh!affreux,grand papa.
L'enfant toujours debout semblait s'agiter mais des deux ,c'était le vieillard qui paraissait le plus nerveux.Les tailles des ombres s'étaient inversées,l'enfant avec sa résolution à ne pas s’asseoir,et le vieux avec son incapacité à se lever.
-Dis grand papa,tu as peur des monstres toi aussi?
Je m'attendais à un rire espiègle cette fois,mais le vieil homme soupira.
-Petit,toi tu vois dans le noir,moi je vois dans le futur.
-Tu devines ce qui va arriver?
-En quelque sorte.
-La chance!
Soupir.N'en pouvant plus,l'homme devenait minuscule de là où je le voyais,la tête entre les mains,effleurant le sol même.Le gamin,se tenait toujours aussi droit,infatigable,se contentant de caresser l'épaule de son grand-père.Leur silence,se mélangea avec celui des enterrés,et que seul l'air que le vieil homme fredonna soudainement,interrompit.
-Arrête,grand papa,c'est beaucoup trop triste.
-Un requiem c'est toujours triste petit.
-Qu'est ce que c'est un requiem?
-C'est ce que les gens qui devinent le futur,aiment chanter.

mercredi 13 juillet 2011

Salle d'attente,trois vies en attente...
Un air de voyeurisme,j'en suis responsable,j'en suis coupable,je suis la troisième,je suis l'incongru.

Je sais pourquoi je suis là,je sais ce qui cloche en moi,ce qui ne tourne pas rond,et ce qui me laisse en plomb.
Dans ces cas,où on croit à l'illusion de se connaitre,le soi n'est plus attractif,et l'intérêt n'émane plus de notre personne mais cet autrui que l'on a longtemps rejeté.Le duo à qui je faisais face alimentait ma sensation de voyeurisme.
Une vieille dame et un monsieur entre deux ages.
Je la regarde,je l'épie,je fais mon érudite,alors qu'au fond je patiente comme elle.
Elle ne parle pas,muette,aigrie,trop aigrie pour tenter de proférer un son.Premier regard échangé.Elle détourne le regard,je me sens insolente à la fixer ainsi,je lui souris,puis je sombre dans mon bouquin.Je sens ses yeux s'attarder sur mon visage,mes traits.Le monsieur,prit un magazine,et se mit à lire.Mon bouquin ne m'intéressait plus,je lançais des coups d'oeil furtifs pour savoir ce qu'il lisait.

"Retomber amoureux"

Je ne sais plus,nos personnes s'étaient soudainement muées en des protagonistes d'un quelque chose.La mère,le fils et le voyeur.Un huis clos s'était fait,dans cette attente,de l'inconnu,du diagnostic qui tarde,de la convalescence rêvée,d'une certaine vie meilleure..La mère,muette,fixait son voyeur,mais adoucie,je n'en étais plus un,dans son regard,une compassion de grand mère s'était éveillée,elle semblait dans ces beaux yeux noirs me demander si la folie connaissait un age.Le fils,lui continuait à rêver dans les lignes du magazine psychologique,à s'autoriser pendant que nous nous échangions ces regards,une passion,dont la vie l'a peut etre privée.
Au moment,où vint leur tour,seule dans le huis clos que je nous étais imaginés,je notais pour écrire,dans une sorte de culpabilité,de voler des instants de vie.Banals,mais meurtriers.
A leur sortie,elle tenait entre ses mains tremblotantes,un poison que je connaissais,je cherchais en vain son regard déjà perdu dans l'ailleurs qui l'attendait,celui du monde et de sa cruauté.
Je me mis soudainement à chuchoter:"Non,madame,la folie n'a pas d'age".

mardi 12 juillet 2011

A trois marches du sol,un corps semblait se perdre.
Un passant,deux,trois m'auraient tous trouvé juste triste,un peu taciturne,un peu dépressive.Là où j'étais,il était normal de croiser des gens dans cet état.Et de là où je venais,les gens ne se risquent jamais à pénétrer les regards.De toutes les manières,ce jour là,il n'y avait vraiment rien dans mes yeux.
J'attendais un appel,après en avoir lancé un,de détresse.Le téléphone ne sonnait pas et le regard était toujours vide,ahuri,somnolant,inhumain.
Le corps,lui,suivait les mêmes procédures vitales et habituelles,las,peut être,quelque peu morphiné,oui,mais je gardais la physionomie des jours ensoleillés.

Mais les gens d'ici ne se risquent jamais à pénétrer les regards...

Le téléphone vibre ou sonne,je laisse faire,je suis aussi injoignable que peut l'être véritablement un être humain et non un interlocuteur.Oubliant presque l'appel que j'attendais...

...Je ferme les yeux,ces yeux qui ne reflètent plus rien,je me vois dans une chambre mauve,une infirmière,et des barreaux,quelque chose se glissait dans mon sang,je me laissais faire,il n'y avait pas que les barreaux de la fenêtre de toutes les manières,je les ré-ouvre,effarée,hors de moi,me réprimandant de ces risques que je prenais soudainement,paupières mi-closes,je ne résiste plus,je cherche un souvenir,quelque chose,dans un rageant instinct de survie,des instants affluent,des moments stagnent dans ma tête,puis s'en vont,le quelque chose,je ne le trouve pas,ma ridicule introspection s'achève au moment où je consens à répondre au téléphone...

Dans un rageant instinct de survie,je cherchais un quelque chose,ce quelque chose qui aurait redonner vie à mon regard,mais à quoi bon,au pays des borgnes.

jeudi 7 juillet 2011

Baba 3zizi win méchin?

"Rien ne va,rien ne semble aller,tout va de travers,tout est absurde ici bas"
Elle étouffait dans sa chambre aux lumières chaudes,beaucoup trop chaudes.Sortir,prendre l'air,courir au gré du reflet de la lune,au gré de sa propre ombre.Elle avait très mal à la poitrine,l'air estival ranimait ses poumons de vieille fumeuse précoce.Taxi,mais où aller? Le taxiste s'impatientait,le parcours de santé du coin fera l'affaire.
Un paquet de cigarettes achetée à l'arrivé à l'épicier du coin,nonchalamment,et des larmes qu'elle n'avait le temps ou l'énergie d'expliquer ni de retenir d'ailleurs.Un banc,un banc vide,loin du monde,loin du tumulte des hommes,loin des rêves avortés des derniers sportifs rôdeurs,loin d'un étalage de voiture de luxe.Quartier bourgeois oblige.
Elle s'assit.Entre une gorgée de jus en paquet et une marlboro,elle s'évada.Elle écoutait la gaieté bestiale des cigales en chœur,elle voyait les réverbérés alignées sur la route d'en face,elle sentait la présence de ce chien et s'en effraya même,mais elle n'était pas là.Rien que le matérialisme de sa chair laissait transparaitre sa présence.Elle,elle vaguait voguait et divaguait.Un vieux monsieur passa,au moment où elle tirait sa dernière bouffée,elle réprima un cri et cacha et sa cigarette."GRAND-PERE!!" elle se sentit perdre pied,que faisait il là?Que faisait son grand père à cette heure ci loin de chez lui accoutré de cette chéchia et de cette majestueuse djellabba ? Elle se re-saisit,se dit que dans le noir,la vision est narquoise,les traits trompeurs et que ce n'était pas "Baba 3zizi".Elle alla s'acheter un deuxième paquet de jus,le chien la suivait,elle avait oublié sa peur,préoccupée par un je-ne-sais-quoi.A son retour,le banc était occupé.Insoucieuse,elle alla s'installer ailleurs loin toujours très loin,mais cette fois il faisait moins sombre.Elle songea à téléphoner,à qui?un ami,des amis elle en avait,elle en avait toujours eu,elle en avait assez pour ne jamais se retrouver dans la merde.Mais ce soir,rien de grave ne se passait,elle avait certes besoin de consolation de réconfort ou d'un simple fou rire partagé mais son besoin de solitude prit le dessus.
La mort c'est ce qui suit la dernière fraction de seconde de votre vie.
En une fraction de seconde,elle avait immergé dans un regard,le vieil homme à la djellaba était repassé,arrivant de je ne sais où,et tout se passa en ce laps de temps très court,tout était fini dans ce regard échangé.
Elle se rua chez elle,il y avait du monde,elle savait que c'était un mauvais présage,il faut toujours toiser les regards,encore et toujours,pour comprendre ce qu'on se TUE à cacher.
"Baba 3zizi" est mort.En faisant son pèlerinage,à la terre sainte,à dix milles lieux de l'homme à la djellaba.


 Cela faisait une année que je ne l'avais pas vu,la dernière fois,ce fut,le culte maudit du "3id sghir",ce fut 20 dinars qu'il m'avait donné avec son beau sourire de vieux militaire aigri et solitaire.Ce fut cette maison que je haissais parce qu'elle empoisonnait l'homme bon qu'il était,cette maison qui l'exilait dans sa propre patrie.
Ce fut les larmes et les "maman je veux rentrer",je n'ai connu de lui que des mensonges,les mensonges des autres,et la vie ne m'a pas laissé le temps de parler avec lui de ce livre qu'il m'avait donné "Khoumeini et sa révolution",avec toutes les réprimandes que j'aurais volontiers enduré.


Repose en paix mein furher.

lundi 4 juillet 2011

La jeune fille à la fenêtre

Elle défait sa chevelure,la peigne avec soin,démêlant les nœuds,le reflet se miroitant à peine dans la pénombre,le boudoir sent l'huile à parfumer,le vieux tabac d'hier,et l'air marin se fige dans ce brouhaha des senteurs,une vieille douleur aux jambes la gagne,mais elle se refuse le repos,rien que pour ce soir,se répète elle.
La maison donne sur le port,une demeure revêtant les mêmes aspects nonchalants et rêveurs que sa seule occupante,Hermine y vit depuis que la guerre a fait d'elle une expatriée,depuis qu'elle a su que les femmes qui ne se la ferment pas,risquent corps et âme même chez soi,surtout chez soi.
"Nul n'est prophète en son pays" lui a-t-on répété.Elle avait sourit le jour où par sarcasme un politicien travesti en imam le lui avait sorti,y ajoutant un "vas faire ta putain ailleurs,il n'y pas de place pour toi ici",l'origine biblique de l'expression avait transformé sa colère en compassion mêlé de mépris.
Des années s'étaient écoulées,le temps faisait son règne,et de tous les dictateurs,il était de loin le plus juste.
Ce soir,accoudée à sa fenêtre,elle tendait l'oreille aux discussions des marins rentrés au port.Depuis qu'elle s'était trouvée cette maison,observer ces gens était sa seule véritable occupation,le reste n'était que des rudiments de survie.
Un vieux marin tissait les filets et radotait des réprimandes à un gars plus jeune,le regard perdu au gré des vagues qui leur faisaient face,la discussion ne s'enflammait pas,elle gardait ce ton doux,des gens simples.Ca jasait sur la paresse du jeune garçon mais le vieillard espiègle ne le sermonnait plus.A un moment,Hermine réprima un fou rire.Le vieux marin avait trouvé l'astuce. "Si tu ne pêche pas assez,comment veux tu te les payer tes putains".Et les jérémiades reprenaient,ça ricanait,ça riait et Hermine,le sourire aux lèvres,repensait à toutes ces années où elle avait trouvé les gens si laids,la vie si bête,et "Amsterdam" de Brel si niaise.
Au loin les bateaux et les barques revenaient au port,elle alluma sa cigarette,et s’allongea sur son lit se gardant de fermer la fenêtre,elle était loin,très loin de ce que les autres lui ont appris à appeler patrie,mais si près tellement près de cette paix qu'elle avait tant chercher.
"Il en faut peu,si vous saviez."