mardi 24 avril 2012

T'as l'air maline à te miroiter dans le meilleur, leur meilleur, ce qu'ils ont à donner et non ce qu'ils te retireront à la première dette impayée.
Essaye de te voir dans leur merde. Si cela te renvoie à un "tien" méconnu , ne t'en plains pas. Je t'ai formellement inhibée de te chercher ailleurs qu'en toi.

samedi 21 avril 2012

La nuit je mens

Cette maison, je l'ai aperçue à 16 ans en flemmardant fortuitement dans un quartier méconnu.
Elle n'était qu'une demeure que la vie a usé, ravagée par des colonisateurs très vite repentis d'y avoir vécu bonheur ou malheur. En tous cas, jusqu'à aujourd'hui, elle est désertée. Enfin, seul un déserteur y loge. Enfin, à ce qu'ils disent.




Le Déserteur



...J'ai quitté le bercail après vingt et un hivers sanglants. La vie était devenue beaucoup trop rude après autant de saisons pluvieuses. Le pays tremblotait sous les émois des gens qui s'animent avec les tourments du marché et de la finance. Moi, j'étais seul. Et j'avais décidé de l'être un peu plus. Enfin, beaucoup plus. Je n'ai pas tout emporté le premier jour. J'étais occupé à expliquer à ma mère que la vie c'est pas des plasmas. Cela m'a pris tout mon temps. Les jours suivants, il fallait décarpiller. Finalement, je n'ai rien emporté. Quelques sous que ma lâcheté m'a obligé à "emprunter" au paternel.
Je suis un bourgeois raté qui a décidé de changer de classe. Un peu plus bas monsieur, oui un peu plus bas. Au large, à la débauche et à l'errance qui impressionnait le gamin insouciant que j'étais. Ma bohème, je me chargeais de l'imaginer avant même de la trouver, avant même d'être sûr de la trouver. Loin, au loin le chaud des étreintes maternelles, mes rêveries oedipiennes, au loin les persécutions du sûr. Dévêtu devant la majesté de l'inconnu et la véhémence des départs désenchantés.
Je croyais ne jamais avoir aussi peu mangé les premiers jours, et les suivants je les ai passé dans une clinique qui s'indignait de soigner une vermine de mon espèce. Mes parents, mécontents, s'étaient contentés de payer mes bêtises en attendant les prochaines. Moi, je gardais l'arrogance de la bourgeoisie, assez pour m'adapter à la vie dans les sous-sols de la société. Je me suis essayé aux poubelles, au noir, aux putes, aux chambres d'auberge avec l'argent du noir. J'avais enfin les mains sales. Je m'étais enfin asservi à la plus pure des dictatures : Celle de l'état de la vie. Et pis, il y eut cette fille. Il en faut toujours une, de toutes les manières. Je la voulais. Au premier soir passé à ses côtés dans le bar de mes jours heureux, j'avais compris qu'elle ne serait à moi qu'un soir. Qu'elle ne serait que nue dans un lit où elle se languirait de se rhabiller à l'aube. Dans un lit dont je me presserais de lui faire oublier le nauséabond. Juste un soir. J'eus mon soir. Et j'eus ma première déception. Mais ma déception n'était plus aussi bourgeoise que l'avaient imaginé mes parents en me voyant écrire mes premiers poèmes lyriques. J'étais un paumé. Et cette fille s'était empressée de me le rappeler. Elle n'était plus une fille pendant mes soirées les plus sombres et les plus alcoolisées. Elle était des filles. Puis des gens. Puis toute une société, et pour finir une humanité. Qui s'était réjouie de me rappeler que ce que j'ai quitté par caprice d'autres le fuyaient par... Par quoi? Je ne sais pas. Amour? Envie? Sûreté? Confort? Besoin? Famille? Oui juste parce qu'il le faut.
Mon caprice devenait torturant. Jusqu'au jour où je vis la demeure déserte. Elle me convenait. Débraillée autant que je pouvais l'être à leurs yeux. Imperceptible autant qu'ils voulaient que je sois. Horrifiante comme je pouvais l'être quand l'argent sale se faisait devancer par le propre. J'y trouvai mon premier refuge. Et elle devint l'ultime et le seul. Acquitté de tout ce que la société imposait aux chasseurs de bonheur, ma seule tâche à moi consistait à guetter le passage de la police dans le quartier.
Accoudé au bord de ma fenêtre, je l'aperçus par ce jour printanier. Elle devait au pire guetter les 16 étés ensoleillés. Et elle regardait en ma direction. Elle n'avait pas l'air de me voir. Mais moi je la voyais. Je voyais surtout son regard. Ce devait être la première fois que je tressaillis de peur depuis mon départ d'il y a vingt ans. Effaré, je rejoignis le cadavre d'un fauteuil trouvé à la décharge et je m'y affalai comme si j'eus été cogné. J'ouvris mon livre "Le capital". Mon polar du moment ne m'amusai pas ce jour là, je repensai d'abord à mes parents. Puis à cette fille qui serait peut être assise à ma place dans vingt autres automnes. Ne sachant même pas si ses parents seraient vifs ou morts.

Ce jour là, mes cigarettes volées n'étouffèrent aucun de mes sanglots...






lundi 16 avril 2012

Non, Monsieur le Big Brother, je ne vous ai jamais aimé.

...J'avais toujours eu cette particularité d'étirer mon regard vers un vide beaucoup trop lointain. Ce qui me permit dès l'instauration de la loi des immatriculés, de ne jamais avoir trop de soucis avec les louangeurs des réformes et du nouvel état. Mon numéro est le 1111. Lorsque je sus mon numéro de matricule, le nombre me fit sourire intérieurement. Je découvris, en le voyant tatoué sur mon poignet, que désormais toutes mes émotions devaient fortement être confinées, réprimées, assourdies. De tous mes semblables, je devais être le seul que ça arrangeait.
Avant (2012 c'est désormais "avant"), j'étais d'ores et déjà préparé à l'immatriculation. Le petit vilain canard taciturne aimait son apathie, sa froideur et la rigidité de ses expressions. A 12 ans, une fillette m'avait rit au nez parce que je lui dis "je t'aime" comme on dirait "bonjour". A vingt ans, mes professeurs avaient été fortement agacé parce que je reçus mon diplôme de fin de scolarité comme on reçoit le pain de chez l'épicier.
Jamais, je ne m'étais imaginé cependant que mon passé d'angoissé allait me servir à ce point. Avant, j'étais affligeant, terrorisant. L'Elephant Man. L'inhumain. Aujourd'hui, parmi tous mes êtres lobotomisés, je suis le seul qui n'ait pas eu droit à la lobotomie. Je suis l'humain.
Le soir de l'excision des êtres, un responsable mortuaire s'écria: "Celui-là qu'on le tatoue toute de suite, il ne risque pas beaucoup de nous faire chier avec des élans libérateurs avec ce regard de paumé." La troupe de bouchers ricanèrent en choeur. Moi, je ravalai d'un trait une des plus grosses crises d'euphorie de mon existence. Mon regard s'éparpillai parmi les visages. Que dalle.Un autre inspecteur m'épiait presque avec ennui.
Non, la vie au dehors n'était que sensorielle pour moi. Et jamais mes sens ne se confondaient avec mes tribulations émotives. Tout se jouait dans ma tête. Tout était orchestré par le neuronal. La vie n'a jamais eu un intérêt véritable pour que je ne tache pas de la rebâtir en moi. Tout le mal que j'avais imaginé ma terre endurer, s'était réparti aujourd'hui avec toute l'assiduité du maléfique. A 11 ans, je m'étais gardé, après une remarque affligeante de la part de mon père, de partager mes visions apocalyptiques avec le monde extérieur. J'avais vécu toutes les années qui ont suivi à me préparer entre deux cauchemars éveillés, à ce jour particulier.
Et en ce jour, je suis libre.
Jamais, je ne m'étais senti aussi libre, jamais.
Il faut dire que mon comportement, mes attitudes, mes défenses sont les mêmes. Mais "avant", on m'avait rit au visage quand j'avais pointé du doigt ma tête à la grande question de la quête de la liberté. J'avais assisté à une révolution, je savais quand même ce que signifiait le liberticide.
Aujourd'hui, l'état est animé d'une transe du contrôle.
Tous mes faits et gestes sont guettés.
Ce que je suis à leurs yeux? Le 1111.

Moi,qui suis-je? Le païen qui s'est révélé prophète.

dimanche 15 avril 2012

Faits divers à la montagne de la mort.

L'homme en noir était entouré de sa belle foule, il était plus accoutré de ces gens, que de son parquas noirâtre.
Lui et ses moutons ne faisaient qu'un.
Nous étions dans un cimetière et j'étais la seule femme. Eux, ils ne me savaient pas femme.Un arrangement entre moi et la nature. Ils s'en passeront des détails, ils se passeront aussi du fait que je ne suis qu'un "liquide utérin fertile".
Le "berger" bouillonnait. Je connaissais ce genre de transes. Je connaissais le mythe d'Alamut. Je connaissais les meurtres au nom de la foi. Puisque dans la tombe reposait mon frère. L'homme avait très vite oublié "El Fatiha" qu'il devait à mon mort. Il s'élança dans ses réprimandes qui eurent l'air d'accabler plus l'assemblée que le macabre frigide.
"Qu'avez fait de votre vie?" Et c'est parti! Le Coelho macabre s'élance dans ses sermons à ne pas en finir.
Autour de lui, ça geindrait, ça hurlait en silence, ça pleurait en bons lâches qu'ils étaient.
J'étais en retrait, j'épiais la tendre mascarade, j'avais de la compassion pour cette humanité qui confond la peur des larves avec celle du divin. Celle du jugement avec l'amour qu'ils lui doivent. Un rire nerveux me prit ex-abrupto.
On regarda le jeune homme que j'étais à leurs yeux d'un air méfiant.
"Laissez, il ne mesure pas encore l'ampleur de sa vie de pécheur."
Je m'éloignai encore de la foule. J'avais peur de la contagion. J'étais à ce moment à plusieurs mètres d'eux. Je n'entendais plus rien. Au loin, la psalmodie de l'Adhén. Je levai les yeux vers le ciel et je les fermai. Mon rire nerveux était soudainement sourire béat. Tandis qu'ils s'élançaient tous en hâte vers la mosquée, je rejoignis le tombeau de mon frère, et je récitai avec mes larmes bénignes mon ultime adieu à celui qui m'a été ôté.
Avec une craie noire que je m'étais arrangée pour voler à l'école, j'écrivis : "Dieu est amour"
Loin de leurs râles de vivants en agonie, je m'élança vers ma demeure, retourner à ma vie de pécheur en mal de vivre. Celui de ne pas vivre assez. Celui de ne pas rendre honneur à cette essence transcendantale qui m'a été offerte. Je courais, le vent avait défait mes cheveux, j'étais à nouveau la soeur, la femme et la future mère. Et la future vie.

vendredi 13 avril 2012

Atteinte à votre nationalisme, attention, ne lisez pas!

-Mais c'est sidérant! A quoi jouez-vous? Je vis dans un pays où l'on se crame pour que d'autres, érudits en terme d'autopsie, qualifie notre mort de révolutionnaire, dégradante, fantasque, valorisante, blasphématoire, héroïque. Et vous, vous me demandez ce que je veux?
J'ai pas été là quand ils ont mis ce monde en place, je vois donc pas où je la trouverais ma place. Ces normes, ces idéaux, ces préceptes, ces idéologies, mais quelle plaie! A croire qu'ils aiment perdre leur temps, et me faire perdre le mien surtout. Me voilà accroupie dans un rang,dans une salle.On me demande de daigner me lever alors que le beau monde étouffe.On me demande même de saluer un drapeau.Saluer du tissu?C'est pour cette raison que ma mère a sué pendant 9 mois?Pour que je salue du tissu?Mais il est beau ce drapeau, c'est vrai.Mais qui d'entre vous peut me dire ce que c'est, à part un bout de tissu?La nation?Bah la nation elle s'en passera d'un couillon comme moi qui n'en a rien à branler de vos frontières.Jetez moi au front pour la prochaine guerre,je serais plus nationaliste que tous vos gaillards qui s'essoufflent à faire la cour à ce maudit tissu.Et puis, même s'il représentait réellement quelque chose,il ne vous unifie même pas.Généralement,l'unicité réside en des croyances communes.Comme celles que vous prétendez avoir,quoi.Enfin, vous vous êtes quand même arrangés pour qu'il y'en ait d'autres, des tissus.Diantre, que ça m'avance bien tout ça!Entre temps, l'homme cramé, on l'a vite oublié.Il est surement pas mort pour vos gueules.S'il s'est cramé, c'est qu'il doit pas être assez idiot pour croire en vous.Et sinon, à part la grande question de l'orientation sexuelle du ministre de l'intérieur et ses sex tape, il reste quoi aujourd'hui? Des caméras de surveillance dans le bled? Mais assumez votre tissu-phlie bon sang!Oh que vous avez l'air gentils à vous recueillir sur les tombes des vivants.Et un pauvre de sauvé!Et une organisation de lancée!Et le bénévolat!Et les photos!Et mon cul sur la commode!Et le pauvre, il nous plaint vous et moi.Enfin.Même pas.La bêtise est le luxe de ceux qui ont pu se payer des études.Et ça cogite!Et dieu que ça cogite!Et même que si la fin du monde en venait à être annoncée en sourdine,mon tendre pays en serait encore aux mains avec le dernier barbu qui a traité la fille de l'ex femme d'un digne militant mort il y a vingt piges.De pute.La belle affaire.Vous voulez que je sois digne du sang des martyrs?Vous qui fêtez leur journée en vous balançant au nom d'un idéal promis jamais conquis au premier rang de la mort? Enfin, escuzez-moi, mais là je suis tentée de vous rappeler que les martyrs des colons, vous les avez bien pleuré chez tonton Bourguiba.Et puis, désolée de vous emmerder encore en critiquant Vos idéaux en forme de V (le V ne me renvoie qu'au vagin,moi), mais n'en avez-pas marre de répéter les mêmes erreurs, les mêmes conneries? Vous voulez à ce point aussi crédules que vos ancêtres? Si l'un de vous a une envie de renouveau, qu'il sache que quelque part sur cette planète, un pays lui est en ce moment même en cours de suppression de la mémoire humaine. J'y ai bien cru à votre manège,à votre joli carrousel.Mais excusez moi,là je descends,j'ai la gerbe.

dimanche 8 avril 2012

Cette histoire qui n’a toujours pas de fin.




Histoire d’une fille, en vers, en rimes et en proses. Qu’on apostrophe de ses peines, qu’on qualifie avec ses rengaines. C’est l’histoire d’une fille qui est une acharnée des départs, assez pour ne plus savoir où aller.
Elle a mon âge, mes tresses, mes larmes et mes contes d’enfants balancés vite fait à l’apogée de l’aurore sous le monstrueux lit.
Elle a mes mots, et beaucoup de mes maux quand je la regarde dans le miroir.
L’histoire d’une fillette qui voulait plaire. L’histoire d’une fille qui a peur de s’éveiller seule.
L’écriture est une brillante carcasse. Les mots sont de vicieux boucliers.
Je voudrais rendre à cette fille ce qui lui appartient. Mais d’après certains dires, elle ne mérite même pas une fin.
Je n’aimais plus ce gars. Je l’ai quitté ce soir là. Et je suis partie la chercher.
Ce soir là, je voulais l’entendre me dire qu’elle m’aimait.
Ce soir là, je pensais que je pouvais m’aimer.
Je lui ai tout ramené sur du papier velours, sans mes mots de velours.
Je lui ai demandé de m’épier. De me regarder. Elle ne l’a jamais fait assez.
M’enfin, pas assez pour que je continue d’aimer ce gars. Pour que je sache qui a dit à ce gars qu’il fut aimé.
Je l’ai questionné sur ce que ses parents lui ont fait. Sur ce qu’elle demande, ce qu’elle veut ou déteste. Je l’ai regardé, non sans peiner, et me suis vue l’avertir de la vitesse excédante de la vie.
Et je lui réprimai sa désinvolture face au temps, aux ennemis, aux faux ennemis.
Son rictus, dévoilé sans gêne, je me le suis très vite approprié.
« J’ai des problèmes, je cherche à tout te raconter depuis des années, tu ne sais que fuir, tu ne fais que détruire, tu ne me laisses rien, tu ne m’as rien laissé. »
Elle rit.
« Aime moi donc, cela aura peut être une fin, qui sait.»
C’est là que j’eus mon deuxième rictus.
C’est là que j’étouffai mon premier sanglot.
Dans ma chambre vide, enfermée dans une histoire entre ce moi et moi…qui n’en finit pas.




dimanche 1 avril 2012

Pensées venimeuses autour d'un café acidulé

"Et dès lors, quand il s'agira d'écrire, vous n'aurez qu'à saigner devant votre feuille vierge."

Qu'arrive-t-il donc? Mon sang coagulerait-il? Ferais-je désormais partie des effrontées de ma génération qui tendent l'oreille à la vie et n'en rapportent rien? Qu'arrive-t-il à mes peines, mes désarrois? Mon émoi est-il aujourd'hui à confiner en mon intérieur?
Il est de ces drames dont on ne se relève jamais.
Les plus tenaces pour un transi des mots, c'est de ne plus en avoir pour peindre la douleur.
Imaginez l'acrylique en rupture de stock du temps de Monet ou les psychotropes formellement inhibés du temps de Burroughs.
Imaginez surtout mes plaies sans palliatifs, sans morphine, sans aucun foutu calmant.
Bonté divine, que suis-je entrain de me foutre?
Et chasser les mots, et leur faire la cour, et se languir de quelques phrases réussies, n'a jamais été mon fort.
De toutes les injustices dont j'aurais pu me prétendre victime, celle-ci est la plus abominable.
Il y a des mois de cela, j'ai senti ce malheur venir. J'ai senti l'emmerde qui puait sur ce sentier emprunté fortuitement.
J'avais eu la superstition avant de penser que je défiais les cieux en écrivant. Que je purgerais des peines immondes pour chaque mot transcrit. Mais la mauvaise augure s'est révélée bonne. J'ai vécu chaque mot que j'ai écrit pendant quelques jours. Les émotions se mutaient en des souffles saccadés. Mes "choses", mes "monstres", mes personnages quittaient mon monde, pour intégrer subtilement mon quotidien.
Je n'ai plus eu besoin de créer. Je me suis abreuvé sans satiété de vivre. Et il n'y a pas plus grand péché pour un transi des mots.
Quelle idée d'avoir un enfant, de bâtir un bercail en dessus d'un berceau, de rêvasser un plan qui se fout à deux et qui ne se reproduira jamais sur des lignes!
J'ai enfanté des êtres incessamment depuis mes premières règles.
Ma fertilité m'a cependant évité les avortements. Je n'avais ni de couches à acheter, ni de comptes à rendre aux gens.
Mes enfants étaient pure fiction.
Aujourd'hui, je n'arrive même plus à me relire. Tout est épars. Des feuilles jetées, d'autres brûlées, d'autres dans d'autres maisons où ils serviraient de bonnes sous tasse. Mes progénitures, je les ai toutes reniées quand je pouvais encore plaider la fécondité.
Aujourd'hui, je n'attends plus d'enfants, je ne leur trouve même plus de père, depuis que j'ai trompé l'amour des maux avec le premier bonheur venu.