-"Win méchia?"
Il y a trente six milles manière de faire pour un "taxiste" au démarrage de son taxi,celui ci,m'a paru aigri,limite anéanti,et je feins le teint d'une blonde qui fait ses comptes,pièces monnaie,j'aurais tout fait pour qu'il se calme,qu'il se rappelle que toutes professions ont le charme des persécutions,et de plus ce jour là,c'était moi le gérant.
-"Aya !imine walla issar?"
Il roulait trop vite,je voulais lui signaler un radar,j'en oubliais meme ou se trouvait la petite ruelle,où je devais,me trouver,ce qui l'agaçait,ça ne l'a même pas fait rire,le martyr du choix "gauche -droite" ,et je mimais,réfléchissais,au gauche de ma ruelle et au droit de ne plus la reconnaître.
Et lui,il jurait,du coin de sa bouche,et il en mettait des couches de blasphèmes et de thèmes,souvent jaune.
Un taxi passa,il prit cet air hautain,et toujours aussi fin me cracha des horreurs sur le syndicat des "taxistes",je ne sais même pas si ça existe,mais un taxiste (argot tunisien) a aussi le -iste d'un extrémiste.
Au fond,tous des humanistes,connaissant tous les titres,de radio cassette ou mosai-sept,et étant de parfaits pitres à qui on a,de plus,donné un volant.
Le temps d'avoir ces réflexions,mon taxiste était en plein débat avec ses klaxon,et ça en faisait du bruit,un soupir,et je lui lance de dépit un "houni,yézzi".
3 dinars la course,de plus il fallait que ma bourse en souffre,pour parler politique en étant apolitique,pour renverser des vieilles en maudissant ses payes,pour réprimer le froid de Tunis alors que François et autres se gèlent les burnes,pour un compteur trafiqué que je devais quand même payer,pour du cent à l'heure et des frayeurs,et pour surtout quelques kilomètres que j'aurais mieux fait à pieds.
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