lundi 26 août 2013

Conjugaison

Mon passé est inscrit à la lame sur ma chair. Maintenant que j'y pense, ce simple détail en ma physionomie explique en tous points ma haine pour les "futuristes" en tout genre. Pour ceux qui aiment à se projeter dans le futur, en plaidant amnésie, je suis une niaise de nostalgique qui s'est enchainée toute seule à l'effroyable passé.
Le passé, une hantise.
Non mais quelle idée de se croire ainsi capable de n’être que l' "homo" de demain.
Quelle incroyable prétention de défier la souveraineté de la mémoire!
Je n'aime pas revoir les chapitres clos comme un vieux film dont la bobine est plus usée que ma petite personne. Je n'aime pas voir apparaître dans mes rêves de vieilles mains ou de tendres bouches ayant arraché la mienne. Je déteste les manifestations du sommeil éveillé, les ritournelles qui repassent dans mes oreilles, sans que tourne-disque il y ait.
Mais je m'y résous.
Je consens à laisser la nature et la vie me colporter comme le ferait un vent sauvage de janvier.
Je ne me dis pas qu'un de ces jours tout sera mort en moi et que ma vie d'antan serait parfaitement scellée dans un poussiéreux bibelot.
C'est que je ne sais pas mentir, tout simplement.
Pire encore, je n'ai jamais pu ME mentir.
Avancer est primordial. A les entendre, on croirait que cette vie est une grande marche. Sauf que je les sais boiteux, tutti quanti. Quant à moi, j'ai pris la peine de m'acheter une canne.





mercredi 7 août 2013

...Ce n'est pas de la littérature à deux sous que d'associer mots et maux.
Encore moins, d'alterner égocentrisme et belles tournures de phrases quand on se dit écrivain.
Ecrire c'est quelque part se penser moralisateur, prédicateur, prophète, annonceur ou encore fin analyste des abysses de la condition humaine.
Il ne faut jamais avoir foi en quelqu'un qui sait assortir ses phrases de jolies images qui feraient rêver les plus revêches. Ces gens, ratures de la création divine, portent en eux la damnation d'un paradoxe des plus ambigus. Ils se disent aimer l'homme pour la plupart, conditionnent même sa vie, en se tuant à créer des œuvres qui le marqueront, ainsi que son Histoire. Mais presque aucun d'eux ne saurait vous dire, sincèrement, s'il aime les gens. Aucun, ou presque aucun, ne s'avouerait élitiste. Ni même imbu de sa personne. Mais c'est dans la plume de ces êtres, au talent le plus dévastateur qui soit, qu'on retrouve tout l'égocentrisme de l'Homme. Toute sa volonté consciente ou non de vous maintenir avec ses ficelles, de se dire Dieu, créateur d'émois conscients ou mieux inconscients.
Un livre pour une vie. Celui qui aime les mots aurait, au moins une fois, cherché dans les livres une sorte de solution, un antidote à un poison fictif, un salut même éphémère. Et même celui qui refuse la littérature, par bon sens, ou juste par manque de moyens, est prédisposé de par sa condition d'humain à rechercher la félicité dans les mots. Du coran à la torah, en passant par les manifestes ou encore les journaux, chacun cherche sa vérité dans les mots auxquels il a accès. Dans un certain sens, cet impact qu'ont les mots sur l'Homme, fait de ceux qui la manient, les missionnaires de Dieu ou du diable.
Mais tout aussi bien, les châtiés des enfers.
Toute création humaine porte en elle la malédiction de son créateur.