Les rimes servent elles de cimes au mal qui nous avale?
Quoi chanter quand les morts réclament un requiem,un requiem à l'heure où nos larmoiements se mentent,où toutes nos phrases sont de ridicules hyperboles?
Comment transformer transfigurer transcender un silence baigné d'amers sanglots en un hymne que l'on arrive plus à chanter?
Comment tarir un rire que nous demande nos familles apeurées?
Comment feindre l'affairement des Remy sans familles et des vieilles blanche neige empoisonnées?
Que me valent mes mots quand d'un geste un corps rend l'âme,une vie s'éteint,des rêves s'effondrent?
Comment oserais je chanter manger briller quand la postérité n'aura que les supplices de l'hérédité?
Comment pensez vous que je l'avale mon café?Comment voudriez vous que j'arrête de fumer?
De là où je suis,je suis la seule à porter le deuil en quelques pièces vestimentaires noircies,je suis la seule à avoir honte que les larmes m'arrivent à la gorge et ne giclent plus sur ma face de petite fille de bourges.
De là où je suis,les hommes font semblant,le carnaval bat son plein,le festin attend encore ceux là,et les coeurs sont endormis,vieillis et vampirisés.
Je continue dans ma honte,je tape ce texte et je supplie les cieux de donner un sens à une fosse commune prochaine.
A tous les cris de haine,les enveloppes charnelles auront leurs cimes,et toutes mes rimes leur seront dédiées qu'elles soient requiem ou simples hyperboles d'une fillette qui se noie dans son bol de céréales.
Pardon.
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