mercredi 7 août 2013

...Ce n'est pas de la littérature à deux sous que d'associer mots et maux.
Encore moins, d'alterner égocentrisme et belles tournures de phrases quand on se dit écrivain.
Ecrire c'est quelque part se penser moralisateur, prédicateur, prophète, annonceur ou encore fin analyste des abysses de la condition humaine.
Il ne faut jamais avoir foi en quelqu'un qui sait assortir ses phrases de jolies images qui feraient rêver les plus revêches. Ces gens, ratures de la création divine, portent en eux la damnation d'un paradoxe des plus ambigus. Ils se disent aimer l'homme pour la plupart, conditionnent même sa vie, en se tuant à créer des œuvres qui le marqueront, ainsi que son Histoire. Mais presque aucun d'eux ne saurait vous dire, sincèrement, s'il aime les gens. Aucun, ou presque aucun, ne s'avouerait élitiste. Ni même imbu de sa personne. Mais c'est dans la plume de ces êtres, au talent le plus dévastateur qui soit, qu'on retrouve tout l'égocentrisme de l'Homme. Toute sa volonté consciente ou non de vous maintenir avec ses ficelles, de se dire Dieu, créateur d'émois conscients ou mieux inconscients.
Un livre pour une vie. Celui qui aime les mots aurait, au moins une fois, cherché dans les livres une sorte de solution, un antidote à un poison fictif, un salut même éphémère. Et même celui qui refuse la littérature, par bon sens, ou juste par manque de moyens, est prédisposé de par sa condition d'humain à rechercher la félicité dans les mots. Du coran à la torah, en passant par les manifestes ou encore les journaux, chacun cherche sa vérité dans les mots auxquels il a accès. Dans un certain sens, cet impact qu'ont les mots sur l'Homme, fait de ceux qui la manient, les missionnaires de Dieu ou du diable.
Mais tout aussi bien, les châtiés des enfers.
Toute création humaine porte en elle la malédiction de son créateur. 

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