-As-tu des rêves?
A sa question, je répondis avec un sourire creux, accompagné de la mine introspective qui se joint souvent à ce genre de questions.
J'aurais aimé lui rire au nez, lui épargner mon anthologie morbide de réponses cyniques.
-Oui, j'en ai. J'en ai même un que tu seras seul à connaître.
Le pétillement de ses yeux curieux a semé une compassion fugitive en moi. Il se serait attendu à tout sauf à cette réponse.
-...Me faire tuer.
dimanche 10 février 2013
jeudi 31 janvier 2013
Je suis venue te dire que tu t'en vas
Je t'ai vu, à ce moment bien particulier où j'ai détourné mon visage vers le miroir, tu y étais et je t'ai souri.
Cela m'a faite amèrement rire tout juste après, dans cette sorte de gradation morose de l'humeur, j'ai ainsi rit, et mon sourire s'est aussitôt évanoui. Et puis, pour quoi faire. Sans interrogation dirait un certain auteur. Je n'ai plus de questions, je n'ai que des affirmations en suspens, qui ne sont tout compte que des questions enterrées. Je me raille de ma personne à cette heure où tu es toujours aussi mort. Je dois être vaniteuse quelque part. Te voir en moi est tout ce qui reste de mégalomane d'une histoire plus automnale que des feuilles tombantes.
Je mens.
J'ai réussi en fait.
Je me suis vue ce soir dans un miroir et je me suis sourie. Et ce ne fut pas toi, ce reflet là. Et ce ne fut que l'évidence.
Ce n'est que moi qui ait réussi ce soir.
Et je n'ai ni à en rire ni à en pleurer. Je suis juste venue te dire que tu t'en vas.
Et que je reste.
Cela m'a faite amèrement rire tout juste après, dans cette sorte de gradation morose de l'humeur, j'ai ainsi rit, et mon sourire s'est aussitôt évanoui. Et puis, pour quoi faire. Sans interrogation dirait un certain auteur. Je n'ai plus de questions, je n'ai que des affirmations en suspens, qui ne sont tout compte que des questions enterrées. Je me raille de ma personne à cette heure où tu es toujours aussi mort. Je dois être vaniteuse quelque part. Te voir en moi est tout ce qui reste de mégalomane d'une histoire plus automnale que des feuilles tombantes.
Je mens.
J'ai réussi en fait.
Je me suis vue ce soir dans un miroir et je me suis sourie. Et ce ne fut pas toi, ce reflet là. Et ce ne fut que l'évidence.
Ce n'est que moi qui ait réussi ce soir.
Et je n'ai ni à en rire ni à en pleurer. Je suis juste venue te dire que tu t'en vas.
Et que je reste.
dimanche 20 janvier 2013
lundi 7 janvier 2013
You love, love, love when you know i can't love
Depuis temps que ça dure, depuis le temps, j'aurais pu un tant soit peu comprendre que je ne cherchais personne hormis ma personne. Non dans une fulgurante quête narcissique d'un moi banni, mais dans un élan d'honnêteté qui aurait pu m'éviter l'amour quand ce dernier n'est même pas propre.
Chaque jour depuis, depuis ce temps, je me dis vivre.
Et depuis le temps, tapisserie ignoble faite d'horlogeries et de plaies, j'ai fini par vouloir faire dans la survie.
Dans une volonté sournoise à compatir à ma condition, je m'oublie pour ne pas avoir à dépister une laideur dans les dégâts, dans ce corps émincé, dans cette bâtisse d'après guerre que je me contente d'être.
Je détourne les yeux, je n'ai nulle envie de paniquer, aucun semblant de volonté de faire le deuil de ce que j'aurais souhaité être.
Je ne cherche plus à déménager. Je suis fatiguée de chercher à rejoindre les cieux. Désormais, une politesse niaise s'est installé douillettement dans mes concepts existentiels, on ne meurt pas sans y être invité, me dis-je.
Depuis quelque temps, j'avorte mes méfaits. C'est à l'effroyable que je m'attaque, je coupe le cordon du malheur. Je tue les germes des larmes et des gémissements psychotiques. Non, pour faire dans le sain, mais pour oublier que j'ai, des années durant, assassiné le bonheur. Je dois me faire pitié quelque part. Je m'épargne en quelque sorte. Je m'oublie pour oublier.
Je vis d'artifices compensatoires, de pilulier qui m'arme de défenses acquises pour autrui. Et je m'y abandonne sans retenue, sans honte, sans tergiverser. Parce qu'au fond, chacun ses moyens.
L'abandon m'est devenu crucial. Je lâche prise pour ne pas être aux prises. Parce qu'il en faut peu pour que des armoires poussiéreuses s'ouvrent en un abracadra que ma mémoire aurait psalmodier. De chaque tiroir, s'élanceraient, dans une lévitation machiavélique, démons, sons, lettres, aveux, promesses, non-dits, faussetés, grossièretés, menaces. L'étalage d'une garde robe de maux dont je devrais choisir l'habit du jour. Alors que depuis peu, je sors nue.
Je ne sais vraiment pas si je me cache réellement des choses.
Je sais tout.
J'ignore peut-être au point ne plus savoir. Mais au fond, je sais que je snobe mon passé, je ne l'oublie pas.
Quoi? Comment? Où? Pourquoi?
Pourquoi y répondre? Voir déferler l'histoire, les histoires, ne m'intéresse plus.
Je me veux Homme sans mémoire.
Je ne veux plus d'arguments pour conclure. La vie se targue d'être indifférente à mes explications.
Et tant bien que mal, je continue à atermoyer les évidences. Qu'en fait depuis que je suis née, on me savait faite pour, non pas vivre, mais exister. Dans une affligeante hyper-lucidité qui me sommerait d'oublier ce fait indéniable.
Chaque jour depuis, depuis ce temps, je me dis vivre.
Et depuis le temps, tapisserie ignoble faite d'horlogeries et de plaies, j'ai fini par vouloir faire dans la survie.
Dans une volonté sournoise à compatir à ma condition, je m'oublie pour ne pas avoir à dépister une laideur dans les dégâts, dans ce corps émincé, dans cette bâtisse d'après guerre que je me contente d'être.
Je détourne les yeux, je n'ai nulle envie de paniquer, aucun semblant de volonté de faire le deuil de ce que j'aurais souhaité être.
Je ne cherche plus à déménager. Je suis fatiguée de chercher à rejoindre les cieux. Désormais, une politesse niaise s'est installé douillettement dans mes concepts existentiels, on ne meurt pas sans y être invité, me dis-je.
Depuis quelque temps, j'avorte mes méfaits. C'est à l'effroyable que je m'attaque, je coupe le cordon du malheur. Je tue les germes des larmes et des gémissements psychotiques. Non, pour faire dans le sain, mais pour oublier que j'ai, des années durant, assassiné le bonheur. Je dois me faire pitié quelque part. Je m'épargne en quelque sorte. Je m'oublie pour oublier.
Je vis d'artifices compensatoires, de pilulier qui m'arme de défenses acquises pour autrui. Et je m'y abandonne sans retenue, sans honte, sans tergiverser. Parce qu'au fond, chacun ses moyens.
L'abandon m'est devenu crucial. Je lâche prise pour ne pas être aux prises. Parce qu'il en faut peu pour que des armoires poussiéreuses s'ouvrent en un abracadra que ma mémoire aurait psalmodier. De chaque tiroir, s'élanceraient, dans une lévitation machiavélique, démons, sons, lettres, aveux, promesses, non-dits, faussetés, grossièretés, menaces. L'étalage d'une garde robe de maux dont je devrais choisir l'habit du jour. Alors que depuis peu, je sors nue.
Je ne sais vraiment pas si je me cache réellement des choses.
Je sais tout.
J'ignore peut-être au point ne plus savoir. Mais au fond, je sais que je snobe mon passé, je ne l'oublie pas.
Quoi? Comment? Où? Pourquoi?
Pourquoi y répondre? Voir déferler l'histoire, les histoires, ne m'intéresse plus.
Je me veux Homme sans mémoire.
Je ne veux plus d'arguments pour conclure. La vie se targue d'être indifférente à mes explications.
Et tant bien que mal, je continue à atermoyer les évidences. Qu'en fait depuis que je suis née, on me savait faite pour, non pas vivre, mais exister. Dans une affligeante hyper-lucidité qui me sommerait d'oublier ce fait indéniable.
dimanche 23 décembre 2012
Boréale, Horror boréale
"J'ai longtemps aspiré à vivre ce moment. J'ai, durant toutes ces années injustement vêtues de noirceur, fantasmé sur une éventualité que cela s'arrête. Que je ne sois plus chaos. Que je ne chante plus les meurtres et ne me languisse plus de mes déconvenues. J'ai souhaité arrêté de sentir comme on souhaiterait voir apparaître ce monstre qu'on scrute vainement sous son lit.
Je me suis voulue inerte, morte, froide, létale et glaciale.
Et finalement, il y eut ce vilain mage qui s'est résolu à réaliser mon voeux malsain.
La magie qui d'un enchantement tue tout enchantement.
J'ai été ravie d'en rire, en premier lieu.
De l'amour ravi.
Du temps perdu.
De la vie, de la mort, de l'après mort, du bon Dieu, des défunts.
Je ne ramassais plus les feuilles mortes, je les écrasais sous mes semelles.
Je ne pleurais plus, je vociférais des louanges à la joie.
Je ne disais plus vrai, je jouais du clairon aux leurres.
Puis, je me suis perdue entre ce que j'aurais détesté être et ce que je me suis acharnée à devenir.
Les souhaits inconscients insouciants d'une psyché ébranlée ont fait que je ris désormais de tout pour ne plus avoir à en pleurer, de ce tout.
Après, je me suis rendue compte que je suis habitée de mots geignant infiniment les maux. Le mensonge s'est dès lors marié au Frankenstein me voilà devenu.Et a fait que je sois aussi stérile qu'une pucelle de douze ans s'imaginant que la procréation et les cigognes c'est du pareil au même.
Les phrases se sont appauvries. Et la vie a vaincu.
J'en ai récolté une tendre moisson de réalisme qui rassure mes émois au gré des frêles matins d'apocalypses.
Et j'en ai bouffé des pas mûres. Et j'ai fini par gerber les mûres."
J'étais devant cette bibliothèque qui m'a vue grandir. J'avais fini de griffonner ces notes sur le fameux calepin rouge. Je me suis allumé une cigarette et j'ai regardé malicieusement toutes mes phrases hurler sous le feu de mon briquet. Inerte à contempler le vieux et laid bâtiment.Le regard ahuri, la fumée que le vent s'acharnait à consumer. Je te fais mes adieux tendre garce.
Je n'ai plus rien pour personne. Je n'ai plus rien que ma personne.
Et la clope écrasée du haut de mes 173 centimètres, de toute la vanité que portent désormais les pas de mes semelles.
Je me suis voulue inerte, morte, froide, létale et glaciale.
Et finalement, il y eut ce vilain mage qui s'est résolu à réaliser mon voeux malsain.
La magie qui d'un enchantement tue tout enchantement.
J'ai été ravie d'en rire, en premier lieu.
De l'amour ravi.
Du temps perdu.
De la vie, de la mort, de l'après mort, du bon Dieu, des défunts.
Je ne ramassais plus les feuilles mortes, je les écrasais sous mes semelles.
Je ne pleurais plus, je vociférais des louanges à la joie.
Je ne disais plus vrai, je jouais du clairon aux leurres.
Puis, je me suis perdue entre ce que j'aurais détesté être et ce que je me suis acharnée à devenir.
Les souhaits inconscients insouciants d'une psyché ébranlée ont fait que je ris désormais de tout pour ne plus avoir à en pleurer, de ce tout.
Après, je me suis rendue compte que je suis habitée de mots geignant infiniment les maux. Le mensonge s'est dès lors marié au Frankenstein me voilà devenu.Et a fait que je sois aussi stérile qu'une pucelle de douze ans s'imaginant que la procréation et les cigognes c'est du pareil au même.
Les phrases se sont appauvries. Et la vie a vaincu.
J'en ai récolté une tendre moisson de réalisme qui rassure mes émois au gré des frêles matins d'apocalypses.
Et j'en ai bouffé des pas mûres. Et j'ai fini par gerber les mûres."
J'étais devant cette bibliothèque qui m'a vue grandir. J'avais fini de griffonner ces notes sur le fameux calepin rouge. Je me suis allumé une cigarette et j'ai regardé malicieusement toutes mes phrases hurler sous le feu de mon briquet. Inerte à contempler le vieux et laid bâtiment.Le regard ahuri, la fumée que le vent s'acharnait à consumer. Je te fais mes adieux tendre garce.
Je n'ai plus rien pour personne. Je n'ai plus rien que ma personne.
Et la clope écrasée du haut de mes 173 centimètres, de toute la vanité que portent désormais les pas de mes semelles.
Conversation 16
-C'est un livre sur les chats.
-Pourquoi les chats?
-C'est les seules créatures que je me vois envier. J'ai pensé aux licornes, mais on ne m'aurait jamais éditée.
-Faut avouer aussi que des chats sur une même étagère que Marc Levy, ce n'est pas ce que l'édition attend de toi.
-Je me demande ce qu'on attend de moi, justement.
-Arrêter. Godot ne viendra pas, il suffit de l'admettre.
-Pourquoi les chats?
-C'est les seules créatures que je me vois envier. J'ai pensé aux licornes, mais on ne m'aurait jamais éditée.
-Faut avouer aussi que des chats sur une même étagère que Marc Levy, ce n'est pas ce que l'édition attend de toi.
-Je me demande ce qu'on attend de moi, justement.
-Arrêter. Godot ne viendra pas, il suffit de l'admettre.
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