Les larmes du bègue coulèrent à flot,il se demanda si ces humains bienpensants savaient qu'on pouvait communiquer autrement que par les mots.
..On l'appelait le bègue triste,il avait l'insolence des gens terriblement seuls,la froideur des délaissés trop aigris,et l'empathie de ces êtres qui aiment leurs semblables de loin,de très loin.
Le vent semble narguer ses larmes ce matin dans ce grand parc dans cet eden des enfants hyperactifs qu'on veut fatiguer pour mieux les broder le soir.
Les cris des gosses,joyeux pour la plupart,ne semblaient pas troubler sa quiétude,il était là perdus dans ses pensées,à se demander s'il pourrait lui même être père un jour.
Il était sur qu'il serait un excellent papa.
Meme si pour un simple "je t'aime fiston" il devra répéter immuablement toutes les voyelles.
Les pensées s'éparpillent,les songes se confondent,il lui sembla pour un bref instant que son handicap n'était qu'une allégorie d'un mal qui refoulait depuis bien des années déjà.
Une femme vint s'assoir à coté sur le banc où il s'était oublié,il ne remarqua pas sa présence,il dut meme sursauter quand elle lui demanda l'heure.
Rattrapé en plein vol,il tenta de se resaisir,les mots fuyait,les mots semblaient crever,les mots refusait de quitter le palais de sa bouche.
"Il est..est..i i i i il ... il est"
Lassée,elle rétorque un simple merci, et s'en va.
"Midi,il est midi,ça se voit pourtant dans mes gestes ma voix mes yeux mon air évasif qu'il est midi,ces mots,toujours ces mots."
Il sourit.
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