samedi 4 juin 2011

Le taxiste qui revient de loin

Deux gars libyens harcèlent une fille voilée,je me dis avec ironie que ça leur aurait peut être bien servi à ces deux cons de faire la guerre,aux cotés de Gaddéfi bien sur,je ne suis pas une sale pro américaine moi,lassée de marcher et de mes réflexions humoristiques à deux balles, j’arrête un taxi.

-Vous sentez le tabac ou c'est moi?
Je sentis mes joues s’empourprer légèrement,me ressaisis vite,en me disant que ce n'est pas un mal,dont il faudrait tirer hantise.
-Oui,je fumais.
Dubitative je m’apprête à me lancer dans mes justifications de la petite sainte piégée à son insu dans les vices de la vie.
-Vous savez,après 33 ans,les clopes n'ont plus le même gout.

Des yeux peut être verts,la tiédeur y est,pour sur,les cheveux d'un quadragénaire qui fait le juste nécessaire pour être présentable,la barbe naissante,des oublis ou de la paresse,il me regardait dans le rétroviseur,il a dut être joli garçon à 20 ans.

-Votre première clope c'était à quel age?
Non mais mon indiscrétion est sans limites.
-12 ans.
Rassurée mais non véritablement étonnée,je lui rétorque un simple:
-C'est précoce.
-Si vous saviez quelle drôle d'aventure m'a entraîné à fumer,vous n'en reviendrez pas,tiens,vous allez rire.

A douze ans,l'hyperactivité est un fait dont il faut s'accommoder,les enfants à cet age là,ne tiennent jamais en place,lui,il s'est aguiché de petits boulots d'été,de ceux dont seuls les enfants sont capables,il vendait des paquets de cigarettes sur la plage,des glibettes aussi,mais les cigarettes remplissait beaucoup plus sa bourse de gosse de père aisé mais de nature agitée et hyperactive.
Un jour,une mauvaise farce,et un gars qui lui promet qu'il vendra beaucoup plus sur ce grand bateau qui part dans quelques minutes,à ce qu'il disait,n'ayant que le sens de l'analyse des enfants et leur capacité à faire confiance à de parfaits inconnus,il s'était retrouvé à faire la conversation à un monsieur dont les mots étaient beaucoup trop latins.Il a du parcourir tout le bateau pour admettre que quelque chose clochait.
Tete entre ses mains,larmes,jurons appris grace à ses ainés,et qui servent beaucoup dans des moments comme ceux là.
Arrivé à bon port,il était forcé de constater que ce n'était plus la Tunisie mais l'Italie.

-L'Italie!Bonté divine!Mais mais vous aviez douze ans,vous ne connaissiez personne?comment vous en etes vous sorti?Bonté divine.
-"Rabbék" m'a aidé,la providence a voulu que des gens bienveillants m'ont trouvé accueilli logé et appelé ma famille pour leur dire que je rentrerai dans un mois.Et c'est dans ces rues latines,que j'ai commencé à fumer.

1d300,montant de la course,je ne sus rien lui rétorquer,je souris,non mais vraiment,mes joues s'en voyaient exténuées,un "que dieu vous préserve" et un sourire qui ne me quitta que lorsque je passa la porte de chez moi,mais ça c'est une autre histoire.

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