Toutes ces personnes en haut de l'échelle sociale comment font-elles pour ne pas avoir le vertige?
Pourquoi l'ai-je eu ce haut le coeur qui m'a faite balancer dans les tréfonds de l'échec inavoué?
Suffira-t-il à chaque fois que l'on tombe, que l'on blâme les normes et les systèmes pour ses écorchures?
Combien de temps faut-il rester là à épier les triomphes des autres et se languir des peaux de bananes laissés par ceux qui courent plus vite?
A vrai dire, il n'y a pas pire que l'envie.
Mais même pour me prétendre envieuse, je n'y arrive pas.
Il m'est arrivé de compter les jours où je ne faisais que fixer le toit d'une chambre, et de tomber tête première dans les supplices d'un "à quoi je sers moi?".
Ils disent unanimement que ma réalité n'est pas la leur et que je suis de ces vaniteux qui pensent pouvoir vivre dans leurs têtes.
A vrai dire, ce n'est faute d'avoir essayé, mais lorsque je l'ai su, je n'ai simplement pas eu peur de m'avouer que cette réalité n'est pas mienne.
Le drame, c'est que pieds, mains et corps sont enchaînés parmi eux, et que l'on demande de payer les taxes de cet espace que je prends dans leur monde.
Ils auraient bien sur aimé me surtaxer, pour fraude à la réalité. Mais mon drame c'est que le fisc de la vie, je lui échappe toujours.
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