Salle d'attente,trois vies en attente...
Un air de voyeurisme,j'en suis responsable,j'en suis coupable,je suis la troisième,je suis l'incongru.
Je sais pourquoi je suis là,je sais ce qui cloche en moi,ce qui ne tourne pas rond,et ce qui me laisse en plomb.
Dans ces cas,où on croit à l'illusion de se connaitre,le soi n'est plus attractif,et l'intérêt n'émane plus de notre personne mais cet autrui que l'on a longtemps rejeté.Le duo à qui je faisais face alimentait ma sensation de voyeurisme.
Une vieille dame et un monsieur entre deux ages.
Je la regarde,je l'épie,je fais mon érudite,alors qu'au fond je patiente comme elle.
Elle ne parle pas,muette,aigrie,trop aigrie pour tenter de proférer un son.Premier regard échangé.Elle détourne le regard,je me sens insolente à la fixer ainsi,je lui souris,puis je sombre dans mon bouquin.Je sens ses yeux s'attarder sur mon visage,mes traits.Le monsieur,prit un magazine,et se mit à lire.Mon bouquin ne m'intéressait plus,je lançais des coups d'oeil furtifs pour savoir ce qu'il lisait.
"Retomber amoureux"
Je ne sais plus,nos personnes s'étaient soudainement muées en des protagonistes d'un quelque chose.La mère,le fils et le voyeur.Un huis clos s'était fait,dans cette attente,de l'inconnu,du diagnostic qui tarde,de la convalescence rêvée,d'une certaine vie meilleure..La mère,muette,fixait son voyeur,mais adoucie,je n'en étais plus un,dans son regard,une compassion de grand mère s'était éveillée,elle semblait dans ces beaux yeux noirs me demander si la folie connaissait un age.Le fils,lui continuait à rêver dans les lignes du magazine psychologique,à s'autoriser pendant que nous nous échangions ces regards,une passion,dont la vie l'a peut etre privée.
Au moment,où vint leur tour,seule dans le huis clos que je nous étais imaginés,je notais pour écrire,dans une sorte de culpabilité,de voler des instants de vie.Banals,mais meurtriers.
A leur sortie,elle tenait entre ses mains tremblotantes,un poison que je connaissais,je cherchais en vain son regard déjà perdu dans l'ailleurs qui l'attendait,celui du monde et de sa cruauté.
Je me mis soudainement à chuchoter:"Non,madame,la folie n'a pas d'age".
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