La petite taciturne a bien grandi depuis le temps où elle avait peur des intentions malhonnêtes de quelques virulents esprits, mais cela n'empêche que je n'arrive pas à me détacher de ma paranoïa. Et aujourd'hui, le transparent et l'occulte ça ne me fout plus tellement les boules. Du moins pas autant que notre enclin nous les êtres de chaire et de sang, à nous nourrir de la haine et de la destruction. Avec le temps, je me suis retrouvée à haire les gens pour être eux mêmes. C'est surement un trait mégalomane mal soigné. Ou l'aigreur que les déceptions ont produit chez moi. Mais je n'y peux rien. Ma passion pour le contrôle de soi a permis aux autres de me remettre à ma place avec un simple "Tu te prends pour un ange?"
Ça doit être ça. Il parait qu'ils ont que ça de vrai les anges. Le contrôle par la raison. L'omission des sentiments. Leur absence totale. Vu sous cet angle, il n'y aurait plus rien de charmant à être traité de tel ou à espérer que les autres le soient.
Je me suis banalement demandée auparavant la raison pour laquelle tout découle de la dualité bien/mal.
Je me le suis si souvent demandé que seul mon coté masculin a mis fin au boucan que ça a produit. A coup de phrases grossières et de comportements qui ne renvoient qu'aux mâles, je me suis très vite faite pardonner mes sombres années de poupée bienséante et aussi mièvre qu'aurait pu l'être Marie Thérèse à mon age.
Depuis peu le masque est tombé, le vieux pull Nine Inch Nails ne fait plus l'affaire, et même que psalmodier des versets à l'envers n'y aurait rien changé. Le malsain en moi me dégoûte, l'enfer ne m'effraie pas, il me donne la gerbe. La baise à la "j'ai peur de mourir vierge" me donne envie de voir la faucheuse en action. La sainte pucelle morbide reprend du service et j'ai bien choisi mon siècle. Ce trait de caractère commun chez les religieuses ne sied pas à mes airs de petit garçon aux traits fins. Ni à ce que certains considèrent gentiment comme de la spontanéité. J'ai beau regarder dans le miroir. Je ne me vois pas. Je vois une arnaqueuse. Je suis ce que la société me somme d'être. Je vois une vie modelée et façonnée par les peurs des autres et leurs interactions avec les miennes. Et dans mes rares élans de franchise, je vois de la poussière quand tout est palpable, vivant, présageant un avenir prometteur.
J'ai toujours évité d'y penser au mien d'avenir. Je ne saurais jamais faire si j'en venais à être à découvert, ou ruiné ou sans domicile. Je me pense ridicule à refuser l'intégration, et à plaider l'antériorité. Je suis bien d'ici et nul part ailleurs. Je n'ai rien raté. Ni siècle, ni pays. Je suis simplement has-been. Un truc qui est coincé entre la préhistoire et le 21ème siècle. Une dégénérescence, privée de tout regret de l'être, sans plus.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire