samedi 16 janvier 2016

To Whom It May Concern

Ce serait tout de même cool de s'y remettre à ton âge. Tu sais, on n'est jamais assez vieux. Et puis t'as le temps. Les vieux ont toujours le temps, c'est leur privilège. Tu écriras comme on tricote. Et puis, tu pourras leur dire (qui ça "ils" déjà).. Leur dire que tu as rencontré un homme à la veste blanche. Comme tu me l'as raconté. Une veste comme on en voit peu, scintillante comme un nouveau drame qui éclate. Tu diras ce que tu as vu, ou cru voir.
Tu devrais écrire plus légèrement. Sois familière. A te lire, à te croire, nous te sommes tous étrangers. Tu refuses qu'on s'identifie à tes mots en cherchant comme ça à les extraire d'un dictionnaire pour les fourrer dans de belles images. Je dis belles parce que la stylistique le dit. Toi aussi tu dis les choses parce qu'on les a déjà dites. Innove ou on t'oublie. Ou plutôt non, fais ta vieille, sois franche et n'y vas pas par quatre chemins. Si tu n'es pas simple, qui voudra de tes histoires. Les gens n'ont plus la patience que tu leur demande. Fais la courte. Courte, c'est ça. Sinon, les seules personnes qui pourront s'identifier à ce que tu écris., et bien, si ça se trouve ils sont trop morts pour te comprendre. Chercher midi à quatorze heures, pour quoi faire ?
Tu n'as pas à faire dans l'ornemental. Dis-nous ce que tu sais de la veste blanche.
-... Euh... Qu'il y aurait-il à raconter ?
- Truc machin des épisodes où tu deviens dingo.
- C'est plutôt le contraire.
- Oui, dis le.


" Un trentenaire en costume cravate s'avançait vers moi. Déjà qu'on va rarement vers moi, l'homme portait en plus un costard, blanc. Je dis blanc comme on dit rose fushia. Il tapait fort à l’œil, lui et sa combinaison. L'homme s'avance et me dit : "T'es pas folle." De toute évidence, je ne l'étais pas puisque je n'apostrophais jamais ainsi les inconnus, encore moins dans un costume blanc. Il faisait froid et sombre. Je ne pouvais pas me permettre de l'écouter. Même par la plus rudimentaire des politesses. Je continuais ma route. Mr blanc comme un linge me suit. Effrayée, je l'invite malgré moi à une course poursuite où il finit par me rattraper. J'arrivais chez moi et ma proximité de la chambre du concierge me rendait invincible. Oui, enfin placide disons. Je pense qu'il l'a compris puisqu'il s'est enfin résolu à agir normalement.
-Bonsoir.
-Bonsoir. Que me voulez-vous ?
-Du bien.
-Ah oui. J'en connais peu des gens qui me veulent du bien, que dire des étrangers. Vous êtes qui?
- Le monsieur à la veste blanche. C'est comme ça qu'on m'appelle.
- C'est vrai que sans votre charmant surnom on ne saurait pas que vous portez du blanc. Vous vous prenez pour le petit prince? 
- J'ai que ça à porter.
-Ah...
-Vous voilà tout de suite apitoyée... Vous êtres drôles vous autres, il aurait suffit que j'ai deux costards blancs pour être taxé d'excentrique mais une seule fait de moi une personne à plaindre.
-Vous me saoulez.
-Je préfère votre colère à votre pitié condescendante.
-Qu'est-ce que tu veux?
-Ah ,on se tutoie! A la bonne heure! Merci de briser ce mur pour moi...



lundi 19 janvier 2015

Trop de mots touffus pour étouffer ce qu'on ne peut exprimer. Ca frôle le risible, la didactique, la passion jetée au pied de la morale, pour offrande.

Lettre à une création

Lettre à un songe,

Cher fantasme,

Sans ce besoin  de fuir ma réalité, je n'aurais pas pensé à t'écrire. Si je n'avais pas moi-même trahi, je n'aurais sûrement pas autant peur des éventuels affront, de l'amour, de la mort, de la vie. Je t'écris pour fuir, me fuir, fuir ce qui m'échappe. Je t'ai inventé pour survivre et pour demeurer à l'abri des tempêtes qui ravagent mon être. Tu n'existes que parce que j'ai cessé de vivre, pleinement. Je ne te réduis pas à ce que tu n'es pas, je ne te réduis à rien. Tu n'es rien. Tu es le doudou d'une adulte, le baume sur un cœur usé. S'il avait été là, tu n'existerais pas. Je ne te trompe pas plus que je le trompe, moins que je ne me leurre moi-même. Je suis seule, face à cette dépouille horripilante qu'est ma psychologie défaillante. Je t'appelle pour ne pas avoir à sonner le glas d'un énième échec.
Tu es là, tu caresses mes démons, tu embrasses ma peur. Ma solitude se meut en vide sous le froid grisant de tes regards. Tu n'existes pas. J'existe sous tes éraflures. Tu es aussi doux qu'une lame, sur une plaie, sur mes plaies ouvertes, au grand jour, au grand monde. Aussi rêvé qu'un ami imaginaire, aussi beau qu'une représentation onirique, aussi sublime que les illusions de Satan. Tu n'es rien de divin. Tu n'as rien d'un miracle. Tu n'es qu'un mirage. Le mien, de ma piètre tour d'ivoire où je m'amuse à créer des êtres de ton genre et à leur écrire. Je ne suis qu'un homme, je ne suis que la femme d'un homme. Sans son homme, larguée comme un râteau déserté par la vie, visité par la noyade. Tu es naïade, tu es demi-dieu, tu es une sirène vaguant sur des océans méconnus de tous. Tu es mon seul péché, mon innocente hantise. Qu'aurais-je à te dire? Rien en somme. Je ne peux m'écrire, je t'adresse les indices de mon enquête. J'ai été le Raskolnikov et la vieille dame. Je ne peux plus prétendre à une quelconque paix. Je suis faite pour être agitée, bouillonnante des prophéties d'une mort imminente. Tu n'existes pas. Tu n'as pas à m'entendre te le dire. Tu n'as pas à lire, toi, lecteur, fruit du hasard d'une recherche fortuite sur google, ou toi l'autre visiteur d'outre-tombe, qui reviens vérifier si je suis toujours ce que j'ai été, qui reviens vivifier sa douleur ou tromper son ennui.
Cher fantasme, dis moi que j'existe. Que la justice vaincra. Que le règne de l'homme ne sera pas aboli par le millième fratricide, que Caïn et Abel vivront enfin, unis dans la fraternité d'un même sang. Fantasme, dis moi qu'un jour personne ne souffrira, plus personne ne pleurera. Dis moi que l'humanité vaincra ses démons, que le diable n'aura remporté sa manche. Dis moi que je retrouverais mon innocence primitive, ma langueur ancestrale. Dis moi si un soir je serais véritablement aimée pour ce que je suis déjà et non pour ce que l'on attend que je sois. Dis moi que je crèverai dignement, que je vivrai humblement. Dis moi que j'abolirai les je de la vanité, que mon Dieu délivrera ma conscience enfin apaisée. Dis moi que je vaudrai la peine, ma peine. Que tout ceci n'aura pas été vain. Que la vacuité ne me tuera pas, moi le Raskolnikov. Dis moi, dis moi, dis moi. Dis moi que tu existes. Que je ne me sers pas de toi. Que je l'aurais ma petite gloire. Que l'amour vaincra. Que l'amitié existe. Dis moi que les hommes ne tuent pas pour détourner l'ennui. Dis moi si je ne suis qu'une bourgeoise qui s'emmerde profondément au point d'oublier ce que huit ans de thérapie lui ont appris: on ne parle pas aux fantômes.
Vas. Reprends ta place parmi mes pensées lugubres et les tourments de ma conscience.
J'ai trouvé ma réponse.


Chimériquement,
Pygmalion  

samedi 17 janvier 2015

Journée (b)anale

Ce matin là, je me suis précipitée pour aller revoir un vieil ami. Ce qui ne m'arrive pas souvent, me précipiter pour d'autres raisons que pour être seule... Je me suis traînée dans les souks de la médina. Pris le soin de cacher ce que j'ai été la veille, dépressive. J'ai mis mon plus beau masque, c'est-à-dire mon sourire crispé et ma mine enjouée. J'ai suivi les dédales de cette vieille carcasse qu'est la médina de Tunis. Je me suis arrêtée devant une grande bâtisse. En haut, une fenêtre. Ça m'a pris cinq minutes pour en détacher mon regard d'abrutie. La foule déambulant derrière moi râlait en silence. D'où je viens, les gens n'ont pas de quoi se payer le luxe des contemplations méditatives. La fenêtre, perchée en haut de son emplacement panoramique, continuait à me hanter. J'arrivais aux portes du tant connu Port-de-France. Je n'étais pas en France. Ni même en Tunisie. J'étais peut-être là où sont tous les êtres de mon espèce, le no man's land des bipolaires spleenétiques. La fenêtre ne quittait pas mes pensées. Elle était perchée sur ce que j'aurais préféré regarder de haut. Toute cette cohue de marchands, d'acheteurs, de chômeurs cherchant un travail ou un beau cul à reluquer. Entre temps, je suis arrivée là où mon ami m'a donné rendez-vous. A temps. Pile à l'heure. Même en ayant pris soin de perdre moi-même mon temps, je m'étais arrangé pour ne pas en faire perdre à celui qui m'attendait. Je ne sais pas ce qui m'a pris de me pointer à l'heure. Je venais de perdre une autre de mes manies adolescentes. Cette soumission involontaire au Chronos qui a longtemps ri de mes courses poursuite me dégoûtait. Je vois mon ami arriver. Je le salue. Je ne demande pas où on va. Je sais qu'il ne faut pas poser ce genre de questions à une personne qui venait de perdre son fils. Je le suivis. Je rêvassais. Les bon croyants affluaient de la prière achevée du vendredi. Sainte journée pour eux. Pour moi, le soleil  me tapait aussi fort qu'il l'avait fait pour Meursault. J'eus de la peine à contenir le désir de questionner l'absurdité de cette sortie. Mon ami m'emmenait boire un café. Deux boissons caractérisent mon pays: le café et l'alcool. Se saouler et dessaouler. Aurions-nous d'autres choix avec ces 22 degrés en plein hiver. 22 degrés de chômage, de rêves oubliés, de proches enterrés, d'inconnus fusillés. 22 degrés le lendemain de la fête de la révolution. J'ai regardé autour de moi. Encore et encore. Rien n'a changé. Médiocre constante paisible d'un peuple qui ne dort plus qu'après six verres. De leurre, de chienneries politiciennes, de droits bafoués. Allons, buvons! Santé mon ami. Nous nous sommes posés sur la grande avenue. J'étais à quelques lieux de où j'ai failli être fusillée. Ce même 14 janvier qu'ils venaient de nous faire célébrer. Je cherchas un flic. Mon premier réflexe quand je me pose quelque part, c'est de chercher la police. Au fil du temps, ça devint un jeu, pour moi. Trouver l'intrus. L'oppresseur est-il aussi intrus que je me le figure? Mon ami vomit sa haine du monde sur notre table. Sur mon paquet de cigarette, sur nos deux tasses. Je ne pouvais pas lui répondre. Ni lui dire d'arrêter. Ca me faisait un bien fou qu'il m'oublie, même si j'étais à quelques centimètres de lui. Il portait le noir de son deuil, la rage de la perte. Je ne portais rien. Ce qui m'est arrivé m'a dénudé de tout mon être. Je n'étais plus grand chose. Je lui étais reconnaissante de me le rappeler. Personne, voilà où acheminait mon devenir. La somme de mes accomplissements. Le résumé du curriculum vitae de mon existence. Je suis sûre de ne pas être la seule. Je suis sûre que tout le monde n'est rien d'autre que personne, de là où je viens. Ou partout ailleurs. Pour l'heure, il fallait juste rentrer. 

lundi 27 janvier 2014

-you should start a book.
-about what? i'm not good at fantasising.
-well, you don't have to.try something..let's say...honest.these people have excessively been lied to, they might find comfort in truth, eventually yours.they are sick of fake tragedies.believe me, anyone can make the difference between a truly bloody corpse and some ketchup thrown on a clown's face.this century has turned reality into some shitty science-fiction cartoon, you can't do worse. no one can. you have to be billions of stupid humans making silly things together at the same time across ages to fantasise this way. so,just write down the truth. truth is better, it's the new cool.

dimanche 15 décembre 2013

Niett



Qu'as-tu donc fait pour avoir pareil regard?
Qu'as-tu donc vécu pour vêtir une telle âme?

samedi 19 octobre 2013

Énième aphorisme d'un humain trop humain

...Si à un moment, la vie t'aura pénétré jusqu'à la moelle, et que tu auras maintes fois succombé sous son souffle perforant, c'est qu'inéluctablement, les passions fugaces seront un jour de la bêtise, des sottises d'un dimanche lugubre où l'imagination a de la peine autant que toi. Dès lors, ta raison prendra le dessus sur les fantasmes que t'auront inspiré les folies insipides de ce monde. Tu ne seras pas las. Tu ne seras pas fini, ni même vieux. Encore moins résigné. Tu seras sage. Et toute ta vanité s'évanouira pour abdiquer devant la véritable passion. Le véritable envoûtement de la vie. Celui qui porte le paradoxe du rationnel en sa folie. Celui de se savoir enclin à se vouloir Dieu, mais se dire assez humble pour supporter ta condition d'Homme dans toute sa splendeur et sa complexité. Et là seulement, tu vivras. Et là seulement, tu aimeras.

mardi 15 octobre 2013

My idols are dead and my enemies are in power

C'est tout de même déconcertant toutes ces choses que le simple fait d'exister incombe!
Toutes ces leçons à apprendre dont il faut tirer la simple jouissance de les avoir apprises. Je suis un adulte moi, dit-on. Et ça se compte l'âge adulte, certains diront que c'est au nombre de ces dites leçons qu'on peut valoriser ou dévaloriser un homme, d'autres affirment qu'être adulte c'est une nécessité dont ils se seraient bien passés. J'ai beaucoup de sympathie pour ces derniers. La naïveté m'attendrit désormais.
J'ai toujours su que l'on "paie" pour pouvoir "être". Mais je ne pensais pas aux mêmes saloperies quand je me suis dite ça y'a deux trois piges. Je ne pensais pas qu'un jour, tout ce que l'on considère comme de simples vérités de survie, des informations qui te garantissent que ta droite est à ta droite, pouvaient se révéler erronées, un jour. Et que ta consolation devra se réduire à cette idée du sacrifice qu'illustre le passage à l'âge adulte. Oui, il faut être dépouillé de ses choses pour traverser les Styx de la vie. Mais quand j'employais ce mot, le Styx n'était qu'une figure de style, beaucoup trop stylée pour se confondre avec le réel. J'aimais bien être malheureuse avant, je me languissais de mes larmes, de mes échecs, ça m'offrait la tendre illusion d'être spéciale, d'avoir ma propre tragédie, aussi belle et poignante qu'un ravissant mythe où Electre aurait fini par épouser Oedipe et le tromper avec Hamlet. Du délire, de la pure ingratitude à ce que la vie m'avait offerte et m'avait retiré en toute équité. Je riais beaucoup trop au nez des belles choses pour avoir le droit de les garder. Justice faite. Je n'ai plus grand chose de ce que je qualifiais de tragique. Privée du droit d'avoir une vie de merde, je me suis retrouvée dans la merde la plus brute. Et même qu'il n'y a plus rien à déplorer. Les gens ne meurent plus autour de moi, on se crève plutôt à tuer ce qu'il reste de ma petite personne vaniteuse. Je ne broies plus du noir. C'est le noir qui me broie, et moi qui recolle les morceaux avec la dignité d'une asservie. Je ne veux plus qu'on me plaint. Quelle différence ça fait au fond, ma merde ou la tienne? Les comparer c'est juste de la consolation à deux sous. Une manière maladive comme l'humain en a le secret, de se dire que ça n'arrive qu'aux autres, pour le moment. C'est d'un pathétique! Ça ferait fondre en larmes les roches les plus revêches! Saletés de sarcasmes. L'âge adulte c'est quand la prose d'un Musset qui se languit de sa Sand te fait rire aux éclats. Un bon rire névrotique. Un soupçon d'ironie cynique et lucide qui te rassure les soirs où même le suicide t'apparaît comme une satire de la lâcheté. Depuis le temps, j'ai fini par comprendre que tout ce qui te reste, te sera retiré. Et que tout ce qui t'est offert comme choix est d'assumer pleinement ta nouvelle condition d'adulte consciencieux. D'en profiter au lieu de râler. Rire au lieu de pleurnicher. Et que te dire que somme toute, tu n'as que ce que tu mérites, toi le petit prétentieux dont les jeunes âges ont gavés les cieux et fait chier les dieux les plus cléments.
Et là, je vis. Pleinement. Mes merdes les plus visqueuses et mes passions les plus farfelues.
Etre adulte c'est cela. Toute cette ironie blasée qui ne te privera jamais de t'extasier encore, avec toute la dignité d'un noble qui s'est retrouvé un jour esclave. D'un roi déchu et réduit à être le plus bas de ses sujets. Mais qui sait encore jouir de toute la beauté qu'offre la vie, cette kermesse lugubre,.

samedi 7 septembre 2013

Vol au dessus d'un berceau

Je suis née au début de la saison de l'éphémère. J'ai vu mourir bien des choses et s'évanouir tant d'idylles. J'en ai tué des choses et je me suis vue mille et une fois m'écraser du haut des collines des songes. J'aurais aimé naître un autre jour. Ne rien savoir de l'odeur mortuaire des premières pluies. Ignorer les orages qui suivent les longues nuits heureuses de l'été. J'aurais souhaité être une autre que moi-même, rien qu'une fois, une autre fois par an. Mais que pourrait-on attendre de moi de plus que mon stoïcisme aussi résigné et simpliste que la chute des feuilles mortes de l'automne?

lundi 26 août 2013

Conjugaison

Mon passé est inscrit à la lame sur ma chair. Maintenant que j'y pense, ce simple détail en ma physionomie explique en tous points ma haine pour les "futuristes" en tout genre. Pour ceux qui aiment à se projeter dans le futur, en plaidant amnésie, je suis une niaise de nostalgique qui s'est enchainée toute seule à l'effroyable passé.
Le passé, une hantise.
Non mais quelle idée de se croire ainsi capable de n’être que l' "homo" de demain.
Quelle incroyable prétention de défier la souveraineté de la mémoire!
Je n'aime pas revoir les chapitres clos comme un vieux film dont la bobine est plus usée que ma petite personne. Je n'aime pas voir apparaître dans mes rêves de vieilles mains ou de tendres bouches ayant arraché la mienne. Je déteste les manifestations du sommeil éveillé, les ritournelles qui repassent dans mes oreilles, sans que tourne-disque il y ait.
Mais je m'y résous.
Je consens à laisser la nature et la vie me colporter comme le ferait un vent sauvage de janvier.
Je ne me dis pas qu'un de ces jours tout sera mort en moi et que ma vie d'antan serait parfaitement scellée dans un poussiéreux bibelot.
C'est que je ne sais pas mentir, tout simplement.
Pire encore, je n'ai jamais pu ME mentir.
Avancer est primordial. A les entendre, on croirait que cette vie est une grande marche. Sauf que je les sais boiteux, tutti quanti. Quant à moi, j'ai pris la peine de m'acheter une canne.





mercredi 7 août 2013

...Ce n'est pas de la littérature à deux sous que d'associer mots et maux.
Encore moins, d'alterner égocentrisme et belles tournures de phrases quand on se dit écrivain.
Ecrire c'est quelque part se penser moralisateur, prédicateur, prophète, annonceur ou encore fin analyste des abysses de la condition humaine.
Il ne faut jamais avoir foi en quelqu'un qui sait assortir ses phrases de jolies images qui feraient rêver les plus revêches. Ces gens, ratures de la création divine, portent en eux la damnation d'un paradoxe des plus ambigus. Ils se disent aimer l'homme pour la plupart, conditionnent même sa vie, en se tuant à créer des œuvres qui le marqueront, ainsi que son Histoire. Mais presque aucun d'eux ne saurait vous dire, sincèrement, s'il aime les gens. Aucun, ou presque aucun, ne s'avouerait élitiste. Ni même imbu de sa personne. Mais c'est dans la plume de ces êtres, au talent le plus dévastateur qui soit, qu'on retrouve tout l'égocentrisme de l'Homme. Toute sa volonté consciente ou non de vous maintenir avec ses ficelles, de se dire Dieu, créateur d'émois conscients ou mieux inconscients.
Un livre pour une vie. Celui qui aime les mots aurait, au moins une fois, cherché dans les livres une sorte de solution, un antidote à un poison fictif, un salut même éphémère. Et même celui qui refuse la littérature, par bon sens, ou juste par manque de moyens, est prédisposé de par sa condition d'humain à rechercher la félicité dans les mots. Du coran à la torah, en passant par les manifestes ou encore les journaux, chacun cherche sa vérité dans les mots auxquels il a accès. Dans un certain sens, cet impact qu'ont les mots sur l'Homme, fait de ceux qui la manient, les missionnaires de Dieu ou du diable.
Mais tout aussi bien, les châtiés des enfers.
Toute création humaine porte en elle la malédiction de son créateur. 

dimanche 14 juillet 2013

En vers, en prose, et en peu importe pourvu que l'on aime encore

Amours évanouies au gré du rude voyage temporel
Amours si vite conquises, amours si intemporelles
Combien de femmes as-tu croisé bel étalon?
Combien de femmes as-tu seulement baisé beau rêve?
A-t-on suffisamment foi?
A-t-on si peu foi?
Amours prises, amazones éprises, adonis revêches
Avez-vous décidé du sort de ces pauvres furies?
Lisez ces psaumes sur les lignes de nos paumes
Lisez sombres archanges de la pomme dérobée
Faites-nous donc rêver
Faites-nous somnoler au doux son de vos leurres
Pour qu'ainsi, seules nos amours nous seraient acquises
Pour que pour un seul instant
Tous nos tourments se résumeraient à croire en l'éternité de notre possession
Rêves aux bustes robustes
Aux armatures invincibles, aux mains si agiles, aux coeurs si fragiles
Nous ne sommes point des pécheresses
Dans un royaume où on vous fit tous rois
Nous ne logeons qu'au harem
Et nous épions à travers verrous et chaînes grinçantes
L'appel de la nature
La nôtre
L'amour.






mardi 9 juillet 2013

From Detroit, far from music industry

Cause I lost my job two weeks before Christmas
And I talked to Jesus at the sewer 
And the Pope said it was none of his God-damned business

While the rain drank champagne
My Estonian Archangel came and got me wasted 
Cause the sweetest kiss I ever got is the one I've never tasted

Oh but they'll take their bonus pay to Molly McDonald,
Neon ladies, beauty is that which obeys, is bought or borrowed

Cause my heart's become a crooked hotel full of rumours
But it's I who pays the rent for these fingered-face out-of-tuners

And I make 16 solid half hour friendships every evening
Cause your queen of hearts who is half a stone 
And likes to laugh alone is always threatening you with leaving 

Oh but they play those token games on Willy Thompson
And give a medal to replace the son of Mrs. Annie Johnson

Cause they told me everybody's got to pay their dues 
And I explained that I had overpaid them 
So overdued I went to the company store
and the clerk there said that they had just been invaded

So I set sail in a teardrop and escaped beneath the doorsill
Cause the smell of her perfume echoes in my head still

Cause I see my people trying to drown the sun 
In weekends of whiskey sours
Cause how many times can you wake up in this comic book and plant flowers?



lundi 24 juin 2013

Capitulations


Cinq nouvelles autour de la vie de la mort et de tout ce qui arrive entre ces deux caprices de Chronos.



Du néant nait la vie. Du désespoir nait la résistance. Je suis contre le port d’armes. Je préfère le douillet des métaphores quand il me faut me rassurer. Parce qu’une métaphore est ce qui fait de mes mots innés  le seul talisman qui sait s’y faire avec les railleries du sort.
J’ai passé ma vie sur des divans de psychanalystes en mal du sein de maman, j’y ai passé suffisamment de temps pour abhorrer le « je » et tous les stupides détournements de mon Narcisse. Je voue donc ce livre à des vies qui auraient pu être miennes mais que, humblement, je ne ferais que narrer, dans toute la justesse et la véracité qui leur est dus.
L’écriture aura encore une fois été l’ultime rempart contre la folie de ce monde.













Le bonhomme à l’oscilloscope

Il est dix heures. Je devrais être partie. Je devrais être morte. J’ai rangé le couteau trop vite hier. J’ai encore une fois laissé la vie me rire au nez. Je n’aborde pas le suicide comme Camus. A l’idée de la mort, ce monsieur n’est qu’un étranger. Le suicide n’est pas une thématique de plus sur une étagère « sciences humaines ».
Mon existence n’est pas absurde. Elle est tout juste insurmontable, incommode, ingrate.
Au-delà de mes élucubrations morbides de ce matin, ma journée est aussi impassible que l’incertitude de mon futur. Ma vie m’attend, mon boulet s’impatiente d’être trainé.
Je m’appelle A, j’ai seize ans, et je suis une violée de plus.
Je m’apprête à entrer en scène. J’enroule l’amertume autour de mon cou, je me couvre de lassitude, j’étouffe mes larmes entre deux bouffées de cigarette volées à celui qui me pense simple ado rêveuse et impossible : mon père. La foule m’attend. La foule applaudit. Le monde se languit de me voir jouer mon rôle pour la seizième année consécutive.

Scène 1 : L’overdose :
Je suis étendue. Je ne me sens plus. Serais-je morte ? L’affolement au loin se joint au mien. Je suis bel et bien en vie. Je pressens déjà le tube aspirer mon âme à la recherche des sédatifs de trop, oubliant ce qui a vraiment été de trop. Ils appellent ça lavage gastrique. La médecine est vaniteuse, elle se pense porteuse d’une mission sur ordre divin, ses gens disent nous offrir de bon cœur le salut ultime. Quelle idée sinon d’appeler cette aspiration  macabre « lavage » ! De quoi me lave-t-on ? De la perfidie humaine que je porte en moi, de mes ratures inscrites avec un rasoir sur une peau injustement éventrée ? De ma vieillesse déguisée en tendre physionomie infantile ? Ma mère crie, somme le ciel de me sauver, damne ses sédatifs qu’elle aurait du être plus brillante à cacher. J’aurais aimé ne pas avoir la bouche crispée. Lui dire que le fameux tunnel  je ne le vois pas. Que je la sens, elle et l’enfer de la vie qui m’ordonne de rejoindre les rangs.
L’hôpital où j’atterris cette fois est moins accablant que les précédents. La compassion non désintéressée de celui qui a édifié cet établissement est presque touchante. Je demanderais presque à le voir pour le remercier de ne pas avoir posé de barreaux aux fenêtres. J’ai toujours détesté être prise pour un singe en cavale.
La vue du balcon est prenante, presque superbe, si elle n’eut pas été réelle. J’entends déjà le prochain psy me dire que je me dois d’admettre mon attachement extraordinaire à la vie. Cet attachement qui vient de m’enlever des bras tendus de la mort pour la huitième fois.
Je reçois la visite de gens que je me pense insolente de ne pas reconnaitre. J’en ai trop pris cette fois de ce pilulier bleu. J’entrevois les traits de mon frère. Puis je me dis qu’au fond ça pourrait tout aussi bien être l’infirmier. La douleur abrupte d’une piqure me permet de trancher.
Je sors le troisième jour. Titubante, livide, je profite de l’inattention de ma mère pour fumer. Quand on survit à la mort, on devient insolent. Comme si tout nous était soudainement permis. Ma génitrice pourrait sentir le gout acre du tabac dans ma bouche, mais comment punir quelqu’un qui s’inflige aisément le plus abjecte des châtiments : s’ôter la vie.
Elle me regarde venir à elle, je monte, elle démarre. Et la vie reprend. Comme si je m’eus simplement brisé une vertèbre.

Scène 2 : La mort de l’enfant.

Il faut toujours un méchant à toute histoire. A toute histoire entrainante. La mienne a cru bon m’entraîner dans un piètre scénario d’un film de seconde zone.
Il disait : « Si jeune, si frêle et déjà si pute. »
Je disais rien.  
Il mâchouillait ma bouche dans la sienne, le sang coagulait presque tant l’acte durait.
Je suis dans ma chambre. Je maquille cette même bouche qui ne garde que les cicatrices invisibles.  Le rouge à lèvres crie lui aussi « si pute ». Mon visage me rappelle quelqu’un mais je ne saurais dire avec exactitude si je l’ai connu ou si mon intarissable imagination me leurre. Je ne me rappelle plus de moi. Qui que j’eusse été, je suis devenue une « si pute ». Un vagin, un utérus, des lèvres, des ovules. Un organisme fécond fortuitement infécond lors du viol.
J’arrange mes cheveux en tresse. Je m’écœure en écolière pucelle et bienséante. Je m’écœure parce que le puéril ne me sied plus.
Il y a de ça d’arrangeant à être pénétrée sans consentement à l’arrière cour d’un immeuble ; on ne souhaite plus grandir tant on vieillit.
Pourquoi moi ? Pourquoi pas cette vielle pie de B qui s’acharne à faire de mon parcours scolaire un hymne à l’humiliation ? Ai-je été mentionnée quelque part aux cieux sur une liste des filles à violer ? A détruire ?
Mon existence n’est pas absurde. Elle est tout juste insurmontable, incommode, ingrate.
Un gentil garçon du lycée m’a invité à un concert samedi. Si ça se trouve, je lui plais. Si ça se trouve, je l’aimerais. Si ça se trouve, il aura lui aussi envie d’essayer mon trou, d’explorer ces orifices que les gens de son sexe aiment à mystifier. Si ça se trouve, de ces yeux geignant l’excitation, de son membre criant famine, il me dira lui aussi quelle pute je fais sous le matraquage de son pus blanc.
Je n’ai pas seize ans. Je ne m’appelle pas A.
Je n’ai plus d’âge. Je ne suis personne.

Scène 3 : A. ou comment supporter la mort d’un enfant
Il arrive dans la vie de tout être de se souhaiter Dieu, pour gouverner, pour créer, pour tuer. Moi, j’aurais simplement souhaité lui rendre sa vie. La réanimer. Une enfant pareille, on ne peut pas le regarder sans se prendre pour un titan et vouloir voler à son secours. Au risque de se retrouver aux prises avec sa propre impuissance.
On ne comprend jamais véritablement le sens d’une existence, ce à quoi nos vies sont vouées. Certaines semblent impartiales dans leur épopée vers l’insensé. Pourquoi elle ? Pourquoi pas moi ?
Et par delà tout qu’est-il arrivé pour nos vies à toutes deux soient marquées à jamais dans la case malheur et non dans celle de la quiétude prospère ?
Je déteste la voir sur ce banc. Je déteste me savoir actrice de son internement, tout autant que je me déteste de ne rien savoir sur elle.
Au fond qu’a une mère de plus qu’un excès d’amour et une vie à vouer à l’enfant ? Et quelle valeur a  ma vie, si elle ne peut repêcher son être englouti dans les abysses de sa psyché ?
Je la revois, elle et son regard hagard que je poursuis désespérément. Je déchiffre, décrypte, en vain. Cinq longues années sont passées depuis cette tentative en trop. Et les hiéroglyphes me semblent aujourd’hui un langage des plus trivial.
Il eut un soir, je me suis réveillée en sueur et en sursaut. Je l’imaginais aux prises avec un homme. La quarantaine, la clavicule, j’ai regardé ce monstre violer mon enfant, j’y ai assisté, inerte, incapable de la sauver, de me sauver de l’horreur. La lueur du soleil levant me parut salvatrice ce matin là, je courus vers l’hôpital. J’avais besoin de m’assurer qu’elle était saine sauve, peu importe si elle avait ma logique ou celle de l’univers où elle s’était réfugiée.
Mon mari pense qu’il faudrait bientôt en interner une autre de la famille. Une fois, l’envie me prit de lui dire que je ne me sentais pas aussi courageuse que ma fille et que les lits de l’asile attendront longtemps avant de me voir plaquer  sans regret la réalité de ce monde.

Scène 4 : Moi et le petit bonhomme de l’oscilloscope
...






ENIEME ACTE DE CREATION AVORTE

vendredi 14 juin 2013

Journal d'une FIN.

J-3
En fait, une fin n'en est pas véritablement une si l'on ne la voit pas venir. J'ai eu beau me dire, vous aurez beau vous dire, que c'est le fruit d'une décision tranchante et sans retour, l'idée de quitter quelqu'un commence à germer en vous le jour même de votre rencontre avec votre autre.
Après bon, vous pourrez aussi bien envisager les trente six mille signification du mot "fin" histoire d'éviter de traiter mon discours de cynique ou de méprisant. Vous pourrez tout aussi bien être largué(e) pour une beuverie quand vous avez pensé bien faire en ne voulant pas y aller. Ou vous retenir de crier, de hurler quand un "ami(e)" viendra docilement et animé des "meilleures intentions" vous communiquer un détail pertinent sur ce que votre autre aurait appelé "son jardin secret".
Ou bien, vous pouvez le regarder gésir inerte, cet autre, dans une quelconque chambre d'hôpital. Inerte à en oublier tout ce que votre amour moribond aurait pu vous faire subir comme "petites morts". Parce qu'on le sait tous, il est de la bienséance la plus élémentaire, de pleurer un amour mort avant de se remémorer ses torts.
Bref, l'amour a autant de fins possibles qu'il est difficile de ne pas penser à la perte quand on ressent ses premiers battements d'ailes de papillon.

H-12
Ca y est. C'est décidé, cet autre se doit de changer, d'être meilleur ou bien c'est fini. Poser des ultimatums en amour c'est aussi ridicule qu'etre un jihadiste en Syrie actuellement. On se sait inspide, on se sait moche et coupable. Alors l'option des ultimatums se présente comme l'ultime faille qui palliera les tourments de notre conscience.
En amour, on est toujours coupable, qu'on se le dise bien.
Coupable d'un mot de travers, d'une gaucherie immonde, d'un pot cassé, que votre autre aussi aurait cassé.
D'un rien d'un tout, être amoureux c'est déjà etre un péché. Un amoureux est un damné hirsute, qui lorsque le glas du châtiment sonnera, sera conduit dans la grande place imaginaire où des billions de couple à travers l'histoire se sont regardés respectueusement subir le même traitement infligés habituellement aux sales vermines et aux traîtres.
"Ou bien c'est toi qui part, ou ce sera moi." On se sait sot quand on sort cette fameuse tirade. On sait que l'on préfère crever que de laisser l'autre partir. Après tout ce qu'il nous reste comme choix dépend de nos peurs et de nos phobies. Chacun sa hantise. Y'en a qui préfèrent prendre les devants. D'autres choisissent d'etre synchro. Et puis au pire, aux moins hardis, il restera toujours l'option (la plus utile qui soit en amour) d'inverser la donne et de se dire coupable au lieu de victime, et vice versa.

Le moment ultime
Si à ce moment vous êtes en train de pleurer à deux, personne ne quittera personne. Si par contre vous vous sentez animé d'une vague de sadisme et qu'il vous prend l'envie de révéler le monstre qui est en vous, alors la grande marche vers votre célibat tant convoité est enfin amorcée. Et si l'autre se suicide, qu'il vous menace d'un couteau ou bien au mieux qu'il menace d'appeler la police pour porter plainte (préjudice sentimental, notion juridique méconnue de la justice, mais dont toutes les personnes ayant un jour pété les plombs vous affirmeront l'existence), et si même il vous arrive de guetter les voitures de passage devant votre chez soi, eh ben disons que dans ces cas, il faudra surement appeler la police, trouver un meilleur prétexte que le préjudice sentimental (définition ci dessus) et porter une bonne grosse encul.. je veux dire plainte.

H + 3
Enfin, le célibat! Quel bonheur! Quelle liberté! Quelle paix!
Si à ce moment vous n'êtes pas en train de chercher un pilulier, un bon comprimé, un bon joint ou une bonne bouteille, ce texte ne vous concernait pas en fait.


J+1
Le célibat c'est de l'entretien. L'amour, des habitudes.
Du moins, c'est toujours ce qu'on se dit un jour après.
Alors, histoire de pas s'affaler sur un divan et pleurer toutes les larmes de votre corps en écoutant en boucle tout votre répertoire musical en commun avec feu votre regretté autre, vous sortez. Et vous vous amusez. Du moins, c'est aussi ce que vous vous dites.
Avant de rompre de quelques heures, le visage de votre autre est plus proche du sanglier ou du renifleur que de sa véritable physionomie. Après quelques heures, il devient plus beau que tout ce que ce bon bougre de Raphael aura sculpté de ravissant et de splendide.Le regretté devient esthète. Et vous ? Moche.
Il convient de rappeler qu'à ce stade, si vous n'avez pas connu ces détails, c'est que ou vous êtres un/une exécrable salaud/salope ou un/une abruti(e) qui aurait confondu son plan cul avec l'amour d'une vie.
Reprenons, après que votre mémoire (votre garce de mémoire conviendrait mieux) se soit occupé de transfigurer et d'embellir votre ex, vos hormones, votre conscience et votre pathétisme vous pousseront vers ce qui caractérise le mieux l'amour et sa fin, le masochisme.
Ah qu'il est bon de pleurer quand c'est fini! Ah qu'il est bon de se dire que la vie est si injuste et vous avez aimé un/ une lâche qui NE VOUS MERITE PAS!
Si l'on ne pleure pas assez, si l'on n'insulte pas assez le regretté ex, on appelle ses amis.
On remet le pauvre ex sur la place imaginaire où l'on punit les vils et les insidieux, et armés de fouets imaginés et des mots tranchants (non imaginés), on lynche le bougre à plusieurs et à l'unisson.

J+3456780986543287980
C'était votre meilleur coup, votre meilleure histoire, cet amour perdu, cet amour que la vie perfide vous a ôtés. Si vous vous dites ça après tout ce temps, c'est que vous êtes con. Et si votre histoire avec votre ex n'est toujours pas finie, la mort vous le reprendra, alors aimez-le/la et cessez de saouler le monde avec votre phobie des fins.




FIN

mardi 28 mai 2013

Contes pour adultes naïfs et consentants

Petite histoire sans nom I

La dame, cette si jolie dame, avait ironiquement demandé, dans une basse cour somnolente, si quelqu'un avaient des vers à cacher, de la poésie qui traînerait dans quelques poussiéreux tirroirs d'ados.
"Qui de vous a composé un poème?". La classe restait silencieuse. Je me demande combien de vers d'amour ont été tus ce jour là, par peur de l'affront, par peur de ne pas être à la hauteur de l'académisme.
Comment aurait-on pu lui dire quoi que ce soit à la jolie agrégée? Comment aurait-on pu lui avouer à la belle dame que l'on vit d'alexandrins, que l'on s'abreuve de prose libre et libertine, qu'on aurait lu Baudelaire sans rien connaître du symbolisme, ou que l'on ait bu les alcools d'Apollinaire quand l'ébriété nous était encore interdite?
Elle aurait pu se douter, elle se doutait peut être que le silence est la seule affirmation qui soit offerte à nos moi écrasés, étouffés, modelés dans la grande matrice de la réussite sociale.


Petite histoire sans adresse et sans curriculum vitae II

J'ai pris l'habitude de la croiser. On allait toujours à contre-sens elle et moi. Nos routes n'ont jamais été parallèles. Mais on étaient semblables, du moins dans ma vision chaste de l'unicité. Nous habitons le même voisinage. Nous suivons les mêmes dédales pour nos courses, pour nos errances. Elle aussi erre. Elle, surtout. Je ne sais plus quand je l'ai connu. Je sais plus quand ça s'est fait. Mais nous avons pris coutume de nous saluer quand nous nous croisons, en simples piétons discrets, d'un quartier bourgeois où marcher est signe de privation. Enfin, les gens de ces quartiers ont de drôles de chartes de la vie et de la bienséance que je ne compte plus discuter. Elle était folle depuis peu, cette tendre petite femme sans nom sans adresse. Enfin, folle... Ce serait complimenter les "bien-portants" de traiter cet être de fou. Non, elle était quelque part. Loin de nous, du moins. Elle et ses cheveux poivre et sels narguaient le monde. Il y'avait cela de remarquable chez les "errants"; cet air de mépris qu'un détail du corps semble afficher. Il y a toujours en eux quelque chose qui se rit de nous. Les êtres simples et "normaux". Elle m'a semblé changée quand le dégoût s'est manifesté en elle, explicitement. Il m'arrivait, en rentrant, de l'apercevoir, de loin et toujours à contre sens, à se parler. Elle vomissait sur les codes du langage, désormais, elle s'en torchait le cul des règles de l'éloquence et de la locution. Elle s'en branlait que sa solitude fasse d'elle quelqu'un qui se parle, à défaut de parler à un ami, un parent, un proche, une inconnue. Et puis, y'a eu ce jour où elle ne s'en foutait plus, je l'ai salué et j'avais continué mon chemin. Moi-même, j'enfonçais ma tête au sol en marchant. Comme elle, je crois que je m'en suis fichue ce matin-là qu'on me perçoive pleurant sans bagnole dans un quartier bourge.
Elle a crié un "salut" de loin. Ma tendresse pour elle me fait m’arrêter. Je me rapprochais, elle restait là, à m'attendre, du moins à attendre de parler et d’être audible sans avoir à crier.
Son bon français m'a pris de court. La conversation était intelligible.Elle était "la vie". Son bon sens était là, intact. Ses mots sentaient un vécu ardent, à couper le souffle aux petites sournoises qui habitent les maisons de coiffure. Mais ça n'aurait pas fait de la bonne littérature de rapporter ses dires. L'esthétique y serait mais l'éthique et le respect qu'on doit à certains inconnus, sans véritable mobile, ne seraient nullement garantis.
Je crois même que tout le "beau" de ce texte se résume à cette idiote analogie que je fais entre mes lignes bébêtes et sa longue marche quotidienne et silencieuse, aussi absurde que l'escalade de Sisyphe. Et même que le sentier vertigineux et mon quartier en hauteur, font d'elle un Sisyphe qui se passe de la sublimation et de la mythologie. Ce n'est là que le littéral de la vie.



Crédits: Cherche-moi






vendredi 24 mai 2013

J'ai des fois d'insurmontables envies de froid éternel.
D'ici le grand saut, qui ne viendra jamais, je me rabats sur les petites morts.

Ce blog crèvera sûrement, par compensation.

mercredi 22 mai 2013

Il faudra simplement se rappeler qu'il fut vain d'essayer qu'il sera toujours aussi vain d'essayer.
Un des commandements de l'amour est que tu ne le tueras point.

22-05-2013
2 années, 3 mois et 8 jours après.

mercredi 15 mai 2013

Il est des moments où pendant un millième de seconde le corps et l'âme se trouvent pris de la douleur du monde, du poids de ses péchés, des tourments de ses vertus et de son histoire abominable. Ce point temporel dans la lignée d'un individu se joint à un autre point spatial, où les portes des enfers s'ouvrent accueillantes et où celles du paradis se ferment dans un brouhaha des plus mélodieux. Là où l'être est jeté, entier, pour ne ressortir de ce gouffre inexistant,qu'aussi vivant que mort.
Ce sont là, peut-être, les instants privilégiés d'un épileptique dans sa crise, d'une hystérique dans sa rage ou d'un bipolaire dans sa mélancolique contemplation.
La douleur n'est pas que physique. Et du moment où elle ne l'est pas totalement, l'Homme s'acharnera à l'étiqueter, nuit et jour, dans une rage impuissante qui ne fera qu’accroître cet enfer des sens et de la raison, sans jamais la qualifier ou la définir, réellement.

I'm the one who is watching...you.